La génuflexion
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En toute société, il y a nécessairement des signes de reconnaissance, d’honneur, de soumission, de respect ou de sollicitude : leur usage établit l’ordre, l’amitié, la paix ; leur mépris sème le chaos et la misère. La chrétienté a imprégné ces signes de parfum évangélique, elle s’est souvent inspirée de la liturgie — liturgie où tout rend manifestes la présence et la paternité divines.

Parmi les gestes liturgiques qui s’adressent à Dieu, c’est la génuflexion (simple) qui tient le premier rôle. Elle est signe d’adoration, acte par lequel nous reconnaissons la souveraineté absolue de Dieu et notre entière dépendance. Dans une église (une chapelle), on fait la génuflexion au Saint-Sacrement chaque fois qu’on y entre ou qu’on la quitte, et chaque fois qu’on passe devant le tabernacle. Si le Saint-Sacrement n’est pas présent, on fait à la croix de l’autel majeur une génuflexion ou une inclination profonde — laquelle n’est pas un geste furtif, mais une inclination du buste telle qu’on pourrait poser les mains sur les genoux.

Une génuflexion est une prière complète à elle seule : elle n’est pas accompagnée du signe de la croix, ni d’une inclination. Elle est une prière qui s’adresse à quelqu’un : on regarde donc le tabernacle ou la croix d’autel, on ne dirige pas la tête vers le sol, ni vers le banc où l’on va prendre place, ni en direction du voisin qu’on se choisit.

La génuflexion ne se fait pas dans le mouvement de la marche : on s’arrête, on dépose le genou droit à côté du talon gauche, et on se relève sur le même mouvement vertical, sans s’attarder. Pendant ce temps, le buste et la tête demeurent bien droits.

La liturgie ne prévoit pas que l’on s’appuie quelque part pour faire la génuflexion ; mais les infirmités de l’âge ou la crainte de perdre l’équilibre peuvent justifier cette inélégance (qui est moindre que celle d’un blocage ou d’une chute !).

Notre-Dame de la Sainte-Espérance, Décembre 2020, n°370

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