Savoir raison garder : les curieuses références du Professeur Raoult

Éditorial – Le professeur Raoult, adepte des théories anarchistes de Paul Feyerabend, celui qui affirmait qu'il fallait lutter contre la « tyrannie de la Vérité »…

Pour faire simple, il y a quatre grands penseurs au XXème siècle qui ont contribué à détruire jusqu'à l'idée de la science dans les universités, en partant du criticisme idéaliste classique : Karl Popper, Imre Lakatos, Thomas Kuhn et Paul Feyerabend.

Karl Popper enseigne que la science ne peut pas prouver qu'une théorie est vraie, mais seulement qu'une théorie est fausse (la « réfutabilité »). Donc, le mieux que la science peut faire est d'offrir de nombreuses conjectures, de réfuter les pires avec des données en sens contraire, et d'accepter provisoirement les théories survivantes. Mais cela implique que même si « on cherche la vérité, on ne peut jamais être sûr qu'on l'a trouvée ».
(Rappelons que, du point de vue Catholique et métaphysique, certaines principes se doivent d'échapper à la notion de réfutabilité).

Selon Popper, toutes les observations sont « contaminées » par la théorie. Mais si les observations sont pleines de théorie, cela signifie que les observations ne sont que des théories, et donc comment une théorie peut-elle falsifier (encore moins vérifier) une autre théorie ? Curieusement, toutes les implications de cette petite complication n'ont pas été pleinement comprises par Popper, mais par Imre Lakatos : non seulement les théories scientifiques sont invérifiables, mais elle ne sont pas réfutables non plus.

Thomas Kuhn allait pousser plus loin la réflexion avec sa conception des paradigmes incommensurables. Un paradigme est un terrain d'entente large et une matrice disciplinaire qui unifie un groupe particulier de savants à un moment donné. Les paradigmes sont incommensurables, pour Kuhn, c'est-à-dire qu'« aucune mesure commune ou critère ne peut être appliqués à des paradigmes concurrents pour faire un choix rationnel et objectif entre ces deux paradigmes ». La science selon Kuhn est « a-rationnelle ». Les paradigmes incommensurables impliquent des choix arationnels. En d'autres mots, Kuhn ne permet pas que la vérité soit un critère des théories scientifiques.
Ainsi, d'après son idée, les paradigmes ne se corrigeraient pas, mais se contenteraient de se succéder. La connaissance scientifique devient un magma flou et changeant, constamment modifié par la culture, la langue, etc. Et tous les paradigmes auraient la même valeur fondamentale…

Traditionnellement, la science avait comme objectifs la rationalité, la vérité, l'objectivité, et le réalisme. Mais Feyerabend et d'autres comme lui, luttant contre la soi-disant « tyrannie de la vérité », prétendent que « un poids égal devrait être accordé aux avenues concurrentes de la connaissance, comme l'Astrologie, l’Acupuncture et la Sorcellerie »…

(Théodon)

PS : rappelons que l'imposteur Ratzinger-Benoit XVI était connu pour citer régulièrement Popper, parfois Feyerabend. La notion de vérité, chez les modernistes, est aussi toute relative …