La position de l’Église sur l’immigration (St Thomas, Pie XII)

Tout le monde parle beaucoup de l’immigration mais, cependant, peu de gens s’intéressent à ce que dit vraiment la Sainte Église sur cette question, pratiquement personne.

Nous publions donc ci-dessous trois sources Catholiques importantes et incontournables sur ce sujet qui anime les passions et les débats (d’autant plus à l’heure actuelle, du fait des millions de faux réfugiés mahométans que la Turquie menace de larguer dans l’UE). Toutes trois se complètent très bien. Comme nous allons le voir, cette position est tout simplement intelligente, juste et équilibrée, comme toujours. En résumé, du bon sens chrétien ! Force est de constater qu’elle va autant à l’encontre des idées de gauche (que l’on retrouve souvent dans la bouche de l’imposteur hérétique moderniste François 0) que celles de droite (qui se tort par exemple la cervelle pour réinventer la doctrine en minimisant le Commandement « tu aimeras ton prochain », il faut bien l’avouer) … Elle en étonnera donc plus d’un !

– Le premier texte que nous publions est, justement, issu de la très éclairante Somme Théologique. Il pose les bases. Saint Thomas explique ce que les Chrétiens doivent comprendre par « J’étais un étranger et vous m’avez accueilli », parole de Notre Seigneur (Mt 25, 35). La source est clairement indiquée et ce texte est publié entièrement, tout le monde pourra vérifier qu’absolument rien ne sort de son contexte. Nous rappelons également, surtout pour les non-initiés en la matière, qu’un texte de la Somme Théologique ne se lit pas n’importe comment : la première partie dite « Objections » énumère les principaux arguments contre la position que soutiendra la réponse. La deuxième partie est plus brève ; il s’agit d’arguments tenus par d’autres auteurs et qui semblent contraires aux objections ; la réponse est l’argumentation de Saint Thomas lui-même pour trancher entre les deux positions ; les solutions permettent, elles, de démontrer quels arguments invoqués dans l’une ou l’autre des objections ne portent pas, mais également la plupart du temps sous quel angle ils sont vrais.

– Le second est une exhortation apostolique du Pape Pie XII sur l’accueil des (vrais) réfugiés, comme l’ont été la Sainte Famille en Égypte : Exsul Familia Nazarethana. Ce très beau texte, que nous publions également entièrement, concerne particulièrement les migrants Catholiques, quelle que soit bien sûr leur nationalité. Il est riche en détails et en exemples sur la politique de l’Église en la matière depuis les premiers siècles ! Incontournable et à lire absolument. Précisons également, pour ceux qui tomberont de haut à la lecture de ce document (au vu de la situation actuelle) que si ce texte illustre bien le droit naturel à l’immigration, il souligne cependant qu’il ne s’agit pas d’un droit absolu par ces lignes : « si un endroit quelconque de la terre offre la possibilité de faire vivre un grand nombre d’hommes, on n’en interdira pas, pour des motifs insuffisants et pour des causes non justifiées, l’accès à des étrangers nécessiteux et honnêtes, sauf s’il existe des motifs d’utilité publique, à peser avec le plus grand scrupule. »

– Le troisième est issu du très pertinent Catéchisme des vérités opportunes qui s’opposent aux erreurs contemporaines de Mgr Castro de Mayer ; il y commente l’une des erreurs énumérées dans le Syllabus de Pie IX. Il fonctionne aussi par un jeu d’objection, suivi d’un bref contre-argument et d’une explication. Il concerne ici les migrants ordinaires, de toutes croyances philosophiques et spirituelles. Clair, évident et limpide.

AVERTISSEMENT : le lecteur aura difficile à comprendre et à digérer ces trois documents s’il fonctionne avec une grille de lecture moderne basée sur le clivage actuel gauche-droite, progressisme-conservatisme ou encore système-antisystème ; ces points doivent être absolument transcendés et anéantis par la vérité Catholique, comme nous n’avons pas cessé de le rappeler sur cette plateforme.

Bonne lecture !


Extrait de la Somme Théologique Ia IIae Pars, Saint Thomas d’Aquin, Article 3

Les préceptes judiciaires qui concernent les étrangers

Objections :

  1. S. Pierre a dit (Ac 10, 34) : « En vérité, je reconnais que Dieu ne fait pas acception des personnes, mais qu’en toute nation, quiconque le craint et pratique la justice lui est agréable. » Or ceux qui sont agréables à Dieu ne doivent pas être exclus de l’Église de Dieu. Il y a donc quelque chose de choquant dans cette prescription (Dt 23, 3) qui interdit « aux Ammonites et aux Moabites, même au-delà de la dixième génération et pour toujours, d’entrer dans l’assemblée du Seigneur » : alors qu’en revanche il est déclaré au même endroit, en faveurs d’autres nations : « Tu n’auras pas de haine pour l’Iduméen, car c’est ton frère, ni pour l’Égyptien, car tu as résidé comme immigré dans son pays. »
  2. Nous ne pouvons pas être punis pour ce qui ne dépend pas de nous. Mais si quelqu’un est eunuque ou de naissance illégitime, il n’en n’est pas responsable. Le Deutéronome (23, 1 s) a donc tort de décider que « l’eunuque ou le fruit de rapports illicites ne sera pas admis dans l’assemblée du Seigneur ».
  3. La loi ancienne est humaine lorsqu’elle interdit de maltraiter l’étranger, comme au chapitre 22 de l’Exode : « Tu ne brimeras pas l’immigré et tu ne le maltraiteras pas, car vous avez été vous-mêmes immigrés dans le pays d’Égypte. » Cependant c’est maltraiter quelqu’un que de l’accabler par l’usure. La loi (Dt 23, 19 s), a donc tort d’autoriser les pratiques usuraires envers l’immigré.
  4. Les hommes sont beaucoup plus proches de nous que les arbres. Or nous devons une affection plus intense et plus active aux êtres qui nous tiennent de plus près, selon cette maxime de l’Ecclésiastique (13, 19) : « Tout vivant aime son semblable ; de même aussi tout homme aime son prochain. » On ne comprend donc pas que le Seigneur ordonne (Dt 20, 13) d’exterminer tous les habitants des villes qui auront été prises, et cependant de respecter les arbres fruitiers.
  5. Selon la vertu, chacun doit préférer le bien commun à son bien particulier ; or, c’est le bien commun qui est en cause quand on fait la guerre aux ennemis. Il est donc choquant que le Seigneur ordonne (Dt 20, 5 s) de renvoyer certains hommes dans leurs foyers au moment du combat, ceux par exemple qui viennent de construire une maison, de planter une vigne ou de se marier.
  6. Nul ne doit tirer avantage de sa faute. C’est bien une faute, un manquement à la vertu de force, que d’avoir peur et de manquer de courage. Il n’était donc pas juste que les poltrons et les lâches fussent dispensés des fatigues du combat (Dt 20, 8).

Cependant :

la Sagesse divine déclare dans les Proverbes (8, 8) : « La droiture règle tous mes discours ; il ne s’y trouve rien de difforme ni de tortueux. »

Conclusion :

Avec les étrangers, le peuple peut entretenir deux sortes de rapports : dans la paix et dans la guerre. Pour régler les uns et les autres, la loi comportait les préceptes qu’il fallait. Dans la paix, une triple occasion s’offrait aux Juifs d’entrer en contact avec les étrangers : tout d’abord quand des étrangers en voyage traversaient le pays ; ou bien quand des étrangers venaient dans le pays pour s’y installer en qualité d’immigrés. Dans ces deux cas, les prescriptions légales ont un caractère d’humanité ; ce sont les maximes de l’Exode (22, 21) : « Tu ne brimeras pas l’hôte étranger », et (23, 9) : « Tu ne seras pas cruel pour le voyageur étranger. » Le troisième cas est celui d’étrangers désirant être reçus en pleine communauté de vie et de culte avec le peuple : à leur endroit on observait certaines formalités, et leur admission à l’état de citoyens n’était pas immédiate. De même, selon Aristote, c’était une règle chez certaines nations de réserver la qualité de citoyens à ceux dont l’aïeul, voire le trisaïeul, avait résidé dans la cité. Et cela se comprend, à cause des multiples inconvénients occasionnés par la participation prématurée des étrangers au maniement des affaires publiques, si, avant d’être affermis dans l’amour du peuple, ils entreprenaient quelque chose contre lui. C’est pourquoi, selon les dispositions de la loi, certaines nations plus ou moins liées avec les juifs, comme les Égyptiens au milieu desquels ils étaient nés et avaient grandi, les Édomites descendants d’Ésaü, le frère de Jacob, étaient accueillis dès la troisième génération dans la communauté du peuple. D’autres au contraire qui avaient montré de l’hostilité pour les juifs, comme les descendants d’Ammon et de Moab, n’y étaient jamais admis ; quant aux Amalécites qui leur avaient été particulièrement hostiles et ne leur étaient liés à aucun degré de parenté, on devait à jamais les traiter en ennemis, selon l’Exode (17, 16) : « De génération en génération, Dieu sera en guerre avec Amalec. » De même pour les rapports de belligérance avec l’étranger, les prescriptions légales étaient satisfaisantes. En premier lieu il était prescrit par le Deutéronome (20, 10) d’engager la guerre selon la justice, car, au moment d’attaquer une cité, on devait commencer par lui faire des offres de paix. – Ensuite, la guerre une fois engagée, il était prescrit de la mener vigoureusement, en se fiant à Dieu ; à cet effet la loi disposait qu’un prêtre, au moment du combat, relèverait les courages en promettant le secours de Dieu. – En troisième lieu, voulant que rien ne vint gêner les combattants, la loi ordonnait de renvoyer chez eux ceux qui risquaient d’embarrasser. – Enfin, la loi prescrivait la modération dans la victoire, voulant qu’on épargnât femmes et enfants, et même qu’on se gardât de couper les arbres fruitiers du pays.

Solutions :

  1. Aucune nation n’est écartée par la loi de ce qui concerne le culte de Dieu et le salut de l’âme, car l’Exode (12, 48) ordonne : « Si quelque étranger en résidence chez vous veut célébrer la Pâque du Seigneur, que tout mâle lui appartenant soit d’abord circoncis, et alors il célébrera régulièrement et sera en tout comme le naturel du pays. » Mais au temporel, en ce qui concerne la société politique, on n’admettait pas d’emblée le premier venu, pour la raison qu’on vient de dire ; les uns étaient admis à la troisième génération : les Égyptiens et les Édomites ; les autres, les Moabites, les Ammonites et les Amalécites étaient exclus à perpétuité, en abomination de leur crime passé. De même en effet qu’un individu porte la peine de la faute qu’il a commise, pour qu’intimidés par ce spectacle les autres cessent de mal faire, de même aussi une nation ou une cité peut être punie à raison d’un péché pour que les autres s’abstiennent de les imiter.

Toutefois, par dispense individuelle, un particulier pouvait, à raison de quelque haut fait, être agrégé au sein du peuple ; on lit dans Judith (14, 6) que le chef des Ammonites, Achior, fut incorporé au peuple d’Israël, lui et toute sa postérité. Il en fut de même pour Ruth, une Moabite, femme de grande vertu ; mais peut-être la prohibition ne visait-elle que les hommes, les femmes ne jouissant pas à proprement parler de la qualité de citoyens.

  1. Aristote distingue deux degrés dans la citoyenneté, un degré parfait et un degré relatif. Est citoyen parfait celui qui peut exercer les fonctions civiques, comme intervenir dans les délibérations et les décisions publiques. On peut qualifier de citoyen en un sens relatif quiconque habite la cité, gens du commun, enfants et vieillards, inhabiles aux fonctions de caractère public. On comprend donc que les bâtards, pour la honte attachée à leur naissance, fussent exclus de l’assemblée, c’est-à-dire du corps politique, jusqu’à la dixième génération. Il en allait de même des eunuques qui ne pouvaient prétendre à l’honneur dont la paternité était entourée à bon droit, dans ce peuple juif surtout où le culte de Dieu se perpétuait par la voie de la génération charnelle ; car même chez les païens, si l’on en croit Aristote, ceux qui avaient eu de nombreux enfants recevaient des témoignages particuliers de considération. Cependant, répétons-le, du point de vue de la grâce de Dieu les eunuques n’étaient pas écartés, non plus que les hôtes d’origine étrangère. On peut alléguer en ce sens Isaïe (56, 3) : « Que le fils de l’étranger qui s’est attaché au Seigneur ne dise pas : « Le Seigneur m’exclura de son peuple », et que l’eunuque ne dise pas « je suis un arbre sec. »
  2. L’intention de la loi n’était pas que l’on tirât de l’étranger un profit usuraire ; elle laissait faire, pour ainsi dire, tant les Juifs étaient enclins à la cupidité ; d’ailleurs, elle espérait qu’ils entretiendraient avec les étrangers des rapports plus pacifiques, puisqu’ils y gagnaient.
  3. On distinguait entre les villes ennemies. Certaines, étant éloignées, n’entraient pas dans la catégorie des villes dont la possession était promise aux Juifs ; lorsqu’ils les avaient conquises, ils en exterminaient tous les mâles qui avaient combattu contre le peuple de Dieu, mais ils épargnaient les femmes et les enfants. S’agissait-il au contraire des villes voisines qui leur avaient été promises, il était de règle que tous les habitants en fussent immolés, à cause de leurs iniquités antérieures ; le peuple d’Israël les châtiait, comme mandaté par le Seigneur pour l’exécution de la justice divine ; c’est ce qui paraît dans la Deutéronome (9, 5) : « C’est parce que ces nations ont commis l’iniquité que tu es entré chez elles pour leur ruine. » Quant aux arbres fruitiers, il était prescrit de les sauvegarder, pour l’avantage même du peuple juif qui devait entrer en possession de la cité et de son territoire.
  4. Ceux qui venaient de bâtir une maison, de planter une vigne ou de prendre femme étaient écartés du combat pour un double motif. C’est d’abord qu’on a communément plus d’amour pour les biens qu’on vient d’acquérir ou qu’on est sur le point d’acquérir, et que par conséquent on redoute davantage de les perdre. On pouvait donc estimer que par suite de cet amour, la crainte excessive de la mort, rendrait de tels hommes moins courageux au combat. – En second lieu, selon une observation d’Aristote, c’est parce que « celui qui est sur le point de saisir un bien et qui s’en trouve frustré semble victime d’un mauvais sort » ; ainsi donc, pour éviter que la situation de ces malheureux privés par la mort d’un bonheur imminent, ne désolât davantage les parents qu’ils laissaient, ou bien même que le peuple, à ce spectacle, ne fût frappé de terreur, on mettait de tels hommes à l’abri du danger, en les éloignant du champ de bataille.
  5. Ce n’est pas pour leur avantage personnel qu’on renvoyait chez eux les poltrons, mais pour épargner au peuple l’inconvénient de leur présence, car leur peur et leur fuite pouvaient être contagieux.

Exhortation apostolique de Pie XII Exsul Familia Nazarethana, 1er août 1952

INTRODUCTION

La Sainte Famille émigrée de Nazareth, fuyant vers l’Égypte, est l’archétype de chaque famille de réfugiés. Jésus, Marie et Joseph, vivant en exil en Égypte pour échapper à la fureur d’un roi maléfique, sont, pour tous les temps et pour tous les lieux, les modèles et les protecteurs de tout migrant, étranger et réfugié de quelque nature que ce soit, contraint par la peur de persécutions ou par besoin, est contraint de quitter sa terre natale, ses parents et parents bien-aimés, ses amis proches, et de chercher un sol étranger.

Car le Dieu tout-puissant et le plus miséricordieux a décrété que son Fils unique, «étant semblable aux hommes et apparaissant sous la forme d’un homme», devrait, avec sa Vierge Immaculée et son saint gardien Joseph, être dans ce type de difficultés aussi et la douleur, le premier-né parmi de nombreux frères, et les précède en elle.

Pour que cet exemple et ces pensées consolantes ne faiblissent pas, mais plutôt réconfortent les réfugiés et les migrants dans leurs épreuves et encouragent l’espérance chrétienne, l’Église a dû les soigner avec un soin particulier et une aide sans relâche. Elle cherchait à conserver intacte en eux la foi de leurs pères et un mode de vie conforme à la loi morale. Elle a également dû faire face à de nombreuses difficultés, jusque-là inconnues et imprévisibles, rencontrées à l’étranger. Surtout, il fallait lutter contre le travail pervers de ces hommes pervers qui, hélas, s’associaient aux migrants sous prétexte d’apporter une aide matérielle, mais avec l’intention de nuire à leur âme.

Quels graves motifs d’anxiété et d’angoisse si les soins spirituels de l’Église avaient fait défaut ou avaient fait défaut dans le passé ou le présent! Les désastres auraient été plus lamentables que ceux des jours tragiques de saint Augustin! Ensuite, l’évêque d’Hippone a insisté pour que ses prêtres ne quittent pas leurs troupeaux sans pasteurs pendant les catastrophes oppressives. Il leur a rappelé les avantages de leur présence et les ravages qui en découleraient inévitablement si leurs troupeaux étaient abandonnés.

Quand les prêtres sont absents, quelle ruine pour ceux qui doivent quitter ce monde non baptisés ou encore enchaînés par le péché! Quelle tristesse pour leurs amis, qui ne les auront pas comme compagnons dans le repos de la vie éternelle! Quel chagrin pour tous, et blasphème par certains en raison de l’absence du prêtre et de son ministère.

On peut facilement comprendre ce que peut faire l’effroi des maux qui passent et quel grand mal éternel s’ensuit! D’un autre côté, lorsque les prêtres sont à leur poste, ils aident tout le monde avec toute la force que le Seigneur leur a donnée. Certains sont baptisés, d’autres font la paix avec Dieu. Personne n’est privé de recevoir le Corps du Christ en communion; tous sont consolés, édifiés et invités à prier Dieu, qui peut éloigner tous les dangers!

TITRE I : La sollicitude maternelle de l’Église pour les migrants

La Sainte Mère Eglise, poussée par son ardent amour des âmes, s’est efforcée de remplir les devoirs inhérents à son mandat de salut pour toute l’humanité, mandat qui lui a été confié par le Christ. Elle a été particulièrement attentive à fournir tous les soins spirituels possibles aux pèlerins, aux étrangers, aux exilés et aux migrants de toutes sortes. Ce travail a été effectué principalement par des prêtres qui, en administrant les sacrements et en prêchant la Parole de Dieu, ont travaillé avec zèle pour renforcer la foi des chrétiens dans le lien de la charité.

Passons brièvement en revue ce que l’Église a fait dans ce domaine dans un passé lointain, puis discutons plus en détail de la mise en œuvre de cette œuvre à notre époque.

Rappelons d’abord ce que le grand saint Ambroise a fait et dit lorsque cet illustre évêque de Milan a réussi à racheter les misérables captifs qui avaient été capturés après la défaite de l’empereur Valentin près d’Adrianopolis. Il a sacrifié les vases sacrés afin de protéger les indigents de la souffrance physique et de les soulager de leurs dangers spirituels pressants qui étaient encore plus dangereux. « Pour qui « , a déclaré Ambrose, « est si insensible, insensible, cruel et cruel qu’il ne veut pas que les hommes soient sauvés de la mort et les femmes des attaques barbares pires que la mort? Car qui n’est pas disposé à sauver les filles et les garçons ou les petits enfants du service des idoles païennes, dans lesquelles ils ont été contraints sous peine de mort? Nous n’avons pas entrepris ce travail sans raison; et nous l’avons fait ouvertement pour proclamer qu’il vaut bien mieux préserver les âmes pour le Seigneur que de conserver l’or. »

Tout aussi nobles étaient les travaux ardents et ardents des évêques et des prêtres qui cherchaient à apporter aux nouveaux venus les bénédictions de la vraie foi et à les introduire dans les coutumes sociales de ces nouveaux pays. Ils ont également facilité l’assimilation des envahisseurs incultes qu’ils ont introduits à la fois à la religion chrétienne et à une nouvelle culture.

Nous sommes en effet heureux de rappeler ces ordres religieux fondés spécifiquement sur la rançon des prisonniers. Leurs membres, brûlants d’amour chrétien, ont enduré de grandes difficultés au nom de leurs frères enchaînés dans le but de libérer, ou du moins, de consoler beaucoup d’entre eux.

Avec la découverte du Nouveau Monde, les prêtres du Christ étaient les compagnons infatigables des hommes qui ont fondé des colonies dans ces pays lointains. Ce sont ces prêtres qui ont veillé à ce que ces colons n’abandonnent pas les voies chrétiennes et ne deviennent pas fiers à cause des richesses acquises dans les nouvelles terres. Ces prêtres souhaitaient également aller de l’avant convenablement et facilement en tant que missionnaires pour enseigner l’Évangile aux indigènes, qui auparavant ignoraient totalement la Lumière divine. Et ils proclamaient avec zèle que les indigènes devaient être traités comme des frères par les colons.

Nous devons également mentionner les apôtres de l’Église qui ont œuvré pour le soulagement et la conversion de ces Noirs qui ont été barbares déportés de leur propre terre et vendus comme esclaves dans les ports américains et européens.

Nous souhaitons également dire quelques mots concernant les soins incessants exercés en faveur des pèlerins par un certain nombre d’associations pieuses. Provisoirement mis en place au Moyen Âge, ces groupes se sont épanouis dans le monde chrétien, et surtout ici à Rome. Sous leur influence, d’innombrables hospices et hôpitaux pour étrangers, églises et sociétés nationales ont été créés. On en trouve encore aujourd’hui de nombreuses traces.

Les salles des pèlerins étaient particulièrement dignes de mention: saxonnes, franques, frisonnes, qui au 8e siècle avaient été établies autour du Vatican à côté du tombeau de Saint-Pierre, prince des apôtres. Ces salles abritaient des visiteurs de pays au nord des Alpes qui s’étaient rendus à Rome pour vénérer la mémoire des apôtres.

Ces salles étaient dotées de leurs propres églises et cimetières, et étaient dotées de prêtres et de clercs de leurs nationalités respectives, qui assuraient le bien-être matériel et spirituel de leur peuple, en particulier des malades et des pauvres. Au cours des siècles suivants, d’autres monastères ont été construits, avec leurs hospices associés pour les pèlerins. Parmi eux se trouvaient des salles éthiopiennes ou abyssines, hongroises et arméniennes. Tout cela faisait écho aux paroles heureuses de l’apôtre Paul: «… partageant les besoins des saints, pratiquant l’hospitalité.»

Cette expérience prouve que le ministère sacré peut être exercé plus efficacement parmi les étrangers et les pèlerins s’il est exercé par des prêtres de leur propre nationalité ou au moins qui parlent leur langue. Cela est particulièrement vrai dans le cas des incultes ou de ceux qui sont mal instruits du catéchisme. Le Quatrième Concile du Latran a solennellement affirmé qu’il en était ainsi à juste titre, déclarant en 1215: «Nous trouvons dans la plupart des pays, des villes et des diocèses dans lesquels des gens de langues diverses qui, bien que liés par une seule foi, ont des rites et des coutumes variés. Par conséquent, nous enjoignons strictement aux évêques de ces villes ou diocèses de fournir les hommes appropriés, qui célébreront les fonctions liturgiques selon leurs rites et leurs langues. Ils administreront les sacrements de l’Église et instruiront leur peuple à la fois par la parole et par les actes. » L’Église a scrupuleusement suivi cette instruction, même jusqu’à nos jours.

En effet, comme nous le savons, des paroisses spéciales ont été créées pour les différentes langues et groupes de nationalité. Parfois, même des diocèses ont été créés pour les différents rites. C’est sur cet aspect que nous tournons maintenant notre attention.

De telles paroisses, le plus souvent demandées par les émigrés eux-mêmes, sont une source de grands avantages tant pour les diocèses que pour les âmes. Tout le monde le reconnaît et le respecte avec la plus grande estime. Par conséquent, le Code de droit canonique les prévoit dûment (Can. 216, 4). Et au fur et à mesure que le Saint-Siège a donné son approbation, de nombreuses paroisses nationales ont été créées, en particulier en Amérique. Très récemment, pour ne citer qu’un exemple, des paroisses ont été créées, par décret de la Congrégation consistoriale, pour les Chinois vivant aux îles Philippines.

En effet, il n’y a jamais eu de période pendant laquelle l’Église n’a pas été active en faveur des migrants, des exilés et des réfugiés. Mais pour être bref, nous ne raconterons que son travail des dernières années.

Il est bon de commencer cette enquête en mentionnant la cinquantaine de volumes conservés aux Archives du Vatican: Les soins du Saint-Siège au nom des Français . En vérité, ils constituent une magnifique preuve de la dévotion sans fin des Pontifes romains aux malheureux bannis de leur pays par la révolution ou la guerre.

Ces volumes révèlent le soin paternel apporté aux Français par nos prédécesseurs Pie VI et Pie VII. Chassés de leur terre natale, nombre de ces émigrés ont été reçus à bras ouverts dans l’État pontifical, et notamment à Rome, tandis que d’autres se sont réfugiés dans d’autres pays.

Nous sommes heureux de mentionner le Bienheureux Vincent Pallotti, éminent fondateur de la Société catholique apostolique. Nous l’avons nous-mêmes qualifié de «fierté et gloire du clergé romain» et au début de la récente année jubilaire, nous avons annoncé avec plaisir qu’il faisait partie de la compagnie resplendissante des Béatifiés. Poussé par l’amour des âmes et désireux de renforcer la foi catholique des immigrants italiens en Angleterre, le bienheureux Vincent a envoyé plusieurs de sa congrégation à Londres pour pourvoir aux soins spirituels de leur peuple. Notre prédécesseur Pie IX a accordé la demande du bienheureux Vincent pour obtenir la permission de collecter des fonds pour la construction d’une nouvelle église à Landon qui devait être dédiée à la gloire de Dieu en l’honneur de saint Pierre, prince des apôtres, et elle était destinée principalement pour les immigrants italiens.

Vers la fin du XIXe siècle, lorsque les moyens de prospérité sociale sont devenus accessibles aux pauvres d’une manière jusque-là inconnue, de grandes vagues de personnes ont quitté l’Europe et se sont déplacées surtout d’Italie vers l’Amérique. Comme d’habitude, l’Église catholique a consacré des efforts et des soins particuliers au bien-être spirituel de ces émigrés. Inspirée par le dévouement envers ses fils exilés, elle a toujours été prompte à travers les siècles non seulement à approuver de nouvelles méthodes d’apostolat, plus adaptées au progrès des peuples et à l’évolution des circonstances de l’époque, mais elle les a également intégrées avec zèle dans cette nouvelle système social, car elle prend soin de mettre en garde contre les dangers qui menacent la société, la moralité et la religion.

Le dossier de notre prédécesseur Léon XIII fournit une preuve claire de la diligence diligente du Saint-Siège, une sollicitude qui est devenue plus ardente à mesure que les fonctionnaires et les institutions privées semblaient les plus dilatoires à répondre aux nouveaux besoins. Léon XIII a non seulement défendu vigoureusement la dignité et les droits du travailleur, mais a également défendu vigoureusement les émigrants qui cherchaient à gagner leur vie à l’étranger. Le 9 juillet 1878, alors qu’il n’était pape que depuis un an, il approuva gracieusement la Société de Saint-Raphaël, établie par les évêques d’Allemagne pour aider les émigrants de ces nations. Au fil des ans, la Société travailla avantageusement pour les émigrants dans les ports de départ et d’arrivée, et aidé d’autres nationalités, telles que la Belgique, l’Autriche et l’italien, comme la leur.

Plus tard, dans une lettre apostolique de 1887, il approuva comme utile et opportun le projet du serviteur de Dieu, Jean-Baptiste Scalabrini, alors évêque de Plaisance. Le plan était «de fonder un institut de prêtres prêt et disposé à quitter leur pays natal pour des endroits reculés, en particulier pour l’Amérique, où ils pourraient exercer le ministère sacerdotal parmi les nombreux catholiques italiens, qui ont été contraints par la détresse économique d’émigrer et de de s’installer dans des pays étrangers. « 

Puis, aidé par des prêtres énergiques et des prélats clairvoyants, cet homme apostolique, que nous-mêmes avons proclamé en 1946 comme le plus méritant pour l’Église et la patrie, a fondé une Société de prêtres. Dans les mots appropriés de Léon XIII, dans la lettre que nous mentionnerons plus tard, a été dit : « Dans cette Société, des prêtres brûlants d’amour du Christ se rassemblent de toutes les régions d’Italie pour se consacrer à des études et à des pratiques de ces devoirs et des modes de vie qui feraient d’eux des ambassadeurs efficaces et efficaces du Christ auprès des Italiens dispersés à l’étranger. »

Ainsi fut fondée une nouvelle communauté religieuse, les Missionnaires de Saint-Charles pour les émigrants italiens. Le serviteur de Dieu Jean-Baptiste Scalabrini est honoré comme son fondateur.

Nous sommes également heureux de mentionner une autre lettre que le même grand Léon, notre prédécesseur, a envoyée l’année suivante aux archevêques et évêques d’Amérique. Heureusement, cette lettre a inspiré de nombreux nouveaux projets et développé une rivalité avide en aidant les émigrants. De nombreux prêtres, ainsi que de nombreux membres des communautés religieuses se sont rendus dans toutes les parties de l’Amérique afin d’aider leurs frères dispersés. En même temps, des sociétés et des institutions ont été créées pour aider les masses d’émigrants d’Italie, d’Allemagne, d’Irlande, d’Autriche, de Hongrie, de France, de Suisse, de Belgique, de Hollande, d’Espagne et du Portugal, et des paroisses nationales très importantes ont été créées.

Dans sa sagesse et sa charité, Léon XIII n’a pas négligé les simples migrations temporaires ou ces migrations en Europe. Plus d’une lettre du secrétaire d’État aux évêques italiens témoigne clairement de cette préoccupation du grand pontife.

Inspiré à nouveau par l’appel sincère de Léon XIII et poussé par l’amour des âmes, Jeremias Bonomelli, évêque de Crémone, a fondé une Agence d’aide aux Italiens qui avaient migré vers d’autres parties de l’Europe. De cette agence sont nées de nombreuses institutions et centres florissants d’éducation civique et de bien-être. En 1900, des prêtres pieux et d’éminents laïques attirés par l’œuvre fondèrent des «missions» réussies en Suisse, en Autriche, en Allemagne et en France. Afin qu’un travail aussi bénéfique ne cesse pas, avec la mort de Bonomelli, notre prédécesseur Benoît XV a confié à Ferdinand Rodolfi, évêque de Vicence, le soin des Italiens qui avaient émigré dans divers pays d’Europe. »

Il convient également de mentionner ici les nombreuses institutions d’éducation des garçons et des filles, les hôpitaux et autres organismes de protection sociale les plus avantageusement créés pour les fidèles de divers groupes linguistiques et d’origines nationales. Ces institutions devenaient chaque jour de plus en plus prospères. C’est dans ce type de travail que St Frances Xavier Cabrini se démarque le plus brillamment. Conseillée et encouragée par ce serviteur de Dieu, Jean-Baptiste Scalabrini, cette sainte femme a également été soutenue par l’autorité de Léon XIII de mémoire heureuse. Le Saint-Père l’a persuadée de regarder vers l’ouest plutôt que vers l’est. Ayant décidé d’aller en Amérique du Nord, elle persévère dans ses engagements missionnaires avec un tel amour qu’elle récolte elle-même les récoltes les plus riches. De plus, en raison de son dévouement extraordinaire et de son travail exceptionnel pour les émigrants italiens, elle a été à juste titre surnommée la «Mère des émigrants italiens».

C’est à notre prédécesseur saint Pie X que nous devons attribuer l’organisation systématique des travaux catholiques en faveur des émigrants en Europe, en Orient et en Amérique. Alors qu’il était encore pasteur à Salzano, il est allé au secours de ceux de son peuple bien-aimé qui émigraient, cherchant à leur assurer un voyage sûr et une vie sûre dans le nouveau pays. Plus tard, en tant que pape, il a regardé avec un soin particulier les moutons déracinés et dispersés de son troupeau universel et a pris des dispositions spéciales en leur faveur.

Saint Pie X était enflammé d’amour pour les fidèles qui avaient émigré dans des pays lointains, comme l’Amérique du Nord et du Sud. Le zèle des évêques et des prêtres pour les accueillir était une grande joie pour lui, comme le montre clairement une lettre qu’il a envoyée à l’archevêque de New York, le 26 février 1904. Dans cette lettre, il a loué et approuvé la préoccupation de l’archevêque. montré aux immigrants italiens pour les protéger de nombreux dangers et les aider à persévérer dans la pratique de la foi de leur père. Il a également salué les efforts de l’archevêque pour fonder un séminaire pour la formation appropriée des prêtres de la communauté italienne.

L’intérêt de Saint-Pie est également attesté par des remarques qu’il a faites dans une allocution aux pèlerins de la République argentine et dans une lettre aux évêques du Brésil. Et de même dans des lettres au Supérieur général des Missionnaires de Saint-Charles et à le directeur de la Société Antonienne. Il en va de même pour le président de la Catholic Society for Immigrants, récemment fondée au Canada.

En fait, la Société missionnaire de Saint-Antoine de Padoue a été créée en 1905 avec l’approbation de Saint-Pie X spécifiquement pour fournir des soins spirituels appropriés aux émigrants pendant le voyage et dans les ports de débarquement et après leur installation à leurs pays d’adoption.

Quant à l’Italie elle-même, le plus important est le règlement édicté par le secrétaire d’État aux évêques de ce pays.

Tant les évêques des émigrés que ceux des émigrés ont constamment tenu la Congrégation Consistoriale informée de leurs conditions. La même Congrégation Consistoriale a exécuté rapidement l’ordre du Pontife en réorganisant correctement les agences existantes pour les migrants et en créant de nouvelles agences si nécessaire, ainsi qu’en recommandant aux évêques la création de comités et de parrainages au nom des émigrants.

Dans sa grande sollicitude, saint Pie X ne s’est pas limité à une seule méthode d’aide spirituelle. En raison des difficultés et des circonstances des lieux dans lesquels ils se trouvaient, certaines personnes, après avoir émigré d’Europe vers des pays lointains, contractaient le mariage sans les formalités canoniques et avaient même recours à la tentative de mariage. Ces formalités étant destinées à empêcher certains maux hautement indésirables, le Pontife tenait à ce qu’elles soient pleinement respectées. Lorsqu’il a appris leur négligence, il a ordonné à la Congrégation des Sacrements d’émettre des instructions concernant la preuve de la liberté de se marier et, de même, la notification du mariage contracté. Ces instructions ont été émises à nouveau », par la même Congrégation quelques années plus tard et même après, elles ont été complétées par des règles prudentes au profit des migrants contractant le mariage par procuration.

Alors que le grand Saint Pie X gouvernait l’Église universelle, des règles spéciales ont été promulguées pour les prêtres et les laïcs de rite ruthène vivant aux États-Unis, même un évêque ruthène leur a été affecté et un autre évêque ruthène a été chargé de la mission spirituelle. soins aux catholiques du Rite qui résidaient au Canada.

Sous le même pontificat, une société pour l’extension de l’Église catholique a été fondée à Toronto, au Canada. Cette digne société réussit abondamment, car elle protégeait des incursions des hérétiques les catholiques ruthènes vivant dans le nord-ouest du Canada. Les règles régissant les relations entre la Hiérarchie canadienne et l’évêque ruthène, et entre les prêtres et les laïcs des deux rites, étaient clairement établies.

À Rome, l’église Notre-Sauveur et son presbytère attenant sur la Via delle Copppelle ont été donnés à l’évêque roumain de la province ecclésiastique de Fagaras et Alba Julia.

Toutefois, la plus importante de toutes les mesures en faveur des émigrants a été la création, dans la Congrégation consistoriale, du Bureau spécial pour la prise en charge spirituelle des migrants. «Son but», selon les mots de saint Pie X, était:

Rechercher et fournir tout pour améliorer la condition des migrants du Rite Romain dans tout ce qui concerne le bien-être des âmes. En ce qui concerne les migrants de Raster, Rites, cependant, les droits de la Congrégation pour la propagation de la foi doivent être préservés. Cette Congrégation peut, dans le cadre de sa compétence, prendre des dispositions appropriées à leur sujet. Le Bureau spécial a cependant la charge exclusive des migrants qui sont prêtres.

On ne pouvait pas non plus négliger l’offre et l’orientation des prêtres migrants. En effet, le Saint-Siège les avait pris en charge depuis longtemps par le biais de la Congrégation du Conseil »et par le biais de la Congrégation pour la propagation de la foi pour les clercs des rites orientaux, ainsi que par le biais de la Congrégation consistoriale. Comme, en fait, certains des prêtres qui ont émigré à l’étranger ont été victimes du confort matériel et ont négligé le bien-être des âmes, des règles opportunes ont été publiées par la même Congrégation Consistoriale. Les règles s’appliquaient également aux prêtres «remplissant leur mission auprès des agriculteurs et des autres travailleurs». Par ces règles, les abus potentiels seraient éliminés et des sanctions fixées pour les violations.

Dans une autre décision de la Congrégation consistoriale, ces règles ont été établies pour se conformer au Code de droit canonique, publié peu de temps auparavant, et elles sont toujours en vigueur. Au fil du temps, d ‘autres règlements ont été ajoutés par la Congrégation pour l’ Église orientale et par la. Congrégation pour la Propagation de la Foi, chacune pour les prêtres sous sa propre juridiction.

Le même Pontife doit également être crédité du début du Collège romain créé au profit des Italiens qui avaient émigré dans d’autres pays. Les jeunes prêtres du clergé séculier devaient suivre un cursus spécial et être formés au ministère sacré parmi les émigrés. Afin que le nombre d’étudiants corresponde au besoin, il a exhorté les évêques italiens, et en particulier ceux qui avaient une abondance de prêtres, « à envoyer au collège n’importe lequel de leurs prêtres qui semblait qualifié. »

Enfin, dans les derniers jours de son pontificat, lorsque ce saint Pontife eut le cœur brisé à la perspective d’une guerre catastrophique et était sur le point de recevoir sa récompense éternelle, c’est lui qui, personnellement, en tant que père très aimant, rédigea les statuts de le Collège les a ensuite remis à la Congrégation consistoriale pour publication.

En suivant sincèrement le chemin distingué de son prédécesseur et en acceptant les soins des migrants comme un héritage qui lui a été légué, le Pontife Benoît XV avait à peine accédé à la Chaire de Saint-Pierre lorsqu’il avait obtenu la résidence du Collège susmentionné à Saint-Apollinaire. Le Saint-Siège, à cette époque, fournissait une grande aide financière aux régions ravagées par la facilitation de la guerre infligée aux victimes. Le Vatican ne pouvait donc plus soutenir seul le Collège. C’est alors que la Congrégation Consistoriale n’a pas hésité à demander aux évêques d’Italie et d’Amérique des fonds pour la maintenir.

Afin d’aider les efforts catholiques en faveur de la prise en charge spirituelle des migrants italiens, cette même Congrégation a demandé aux évêques d’Italie d’établir une journée annuelle pour prendre une collection pour ce travail. Plus tard, il a ordonné que chaque pasteur offre chaque année une messe à l’intention du Saint-Père, au lieu de pro populo, et contribue l’offrande de cette messe à l’apostolat au nom des émigrants.

Je sais très bien, en particulier les migrants et les missionnaires, que cet argent a été exclusivement dépensé pour soutenir les agences de secours qui ont été établies dans des pays étrangers pour fournir une aide rapide et sûre aux migrants, « dont la foi catholique et les pratiques catholiques étaient souvent menacées de dangers presque incroyables. » En effet, ces agences sont soit sous la direction de la Congrégation Consistoriale, soit de missionnaires de communautés religieuses d’hommes ou de femmes.

Le même Pontife a proposé aux évêques de Calabre que des parrainages ecclésiastiques soient établis au profit des migrants italiens.

Des travailleurs étrangers affluent alors au Brésil depuis l’Europe; certains dans l’espoir de devenir prospères, d’autres poussés par le besoin. Benoît XV a donc sincèrement demandé à l’archevêque de Sao Paulo et aux autres évêques du Brésil de prendre soin d’eux, avec la coopération de leurs bons prêtres brésiliens », afin que les nouveaux travailleurs ne donnent pas, une fois qu’ils ont quitté leur pays d’origine, les coutumes chrétiennes de leurs ancêtres.

Benoît XV a également recommandé les mêmes pratiques à l’évêque de Trenton, tout en louant sa grande diligence dans ce travail. Car, lorsqu’une communauté italienne s’est développée dans ce diocèse, une église et un bâtiment adjacent ont été immédiatement érigés pour eux. En fait, le Pontife a exprimé son vif désir que les immigrants italiens fassent l’objet de la même sollicitude et de la même assistance partout aux États-Unis.

En même temps, Benoît XV s’intéresse également aux Italiens qui quittent leur foyer et migrent temporairement vers d’autres parties de l’Italie, comme le font encore aujourd’hui les femmes qui travaillent dans les rizières. »

Plus tard, il décida très sagement de nommer un prélat, qui, doté des facultés nécessaires et libre des devoirs diocésains, pouvait se consacrer entièrement au bien-être spirituel des migrants italiens. C’est donc en 1920 que Benoît XV établit la fonction de prélat pour les migrants italiens avec le devoir exclusif de choisir des missionnaires destinés à un tel travail. Le bureau avait également pour fonction de les assister et de les superviser et de diriger le Collège pour les prêtres qui devaient être chargés de fournir une orientation religieuse et morale aux émigrants italiens à l’étranger. Afin d’accélérer le développement de ce Collège, il a mis en place l’année suivante de nouveaux règlements pour le régir d’une manière plus adaptée aux besoins de l’époque et des circonstances.

Profondément touché par la détresse tragique d’un nombre incalculable d’hommes faits prisonniers dans la longue guerre désastreuse, Benoît XV a ordonné que l’évêque des diocèses où étaient détenus des prisonniers nomme sans délai un ou, si nécessaire, plusieurs prêtres, suffisamment familiarisés avec la langue de les prisonniers, pour subvenir à leurs besoins. «Les prêtres choisis pour ce travail devraient faire tout leur possible pour le bien-être des prisonniers, que ce soit pour leur âme ou pour leur santé physique. Ils devraient les consoler, les aider et les assister dans leurs multiples besoins, qui s’avèrent parfois si pressants. »

Alors que la guerre se poursuivait, il a nommé un Ordinaire spécial pour subvenir aux besoins spirituels des réfugiés qui étaient entrés en Italie ». Et il n’a pas ignoré les très graves dangers de corruption auxquels les citoyens allemands, y compris de nombreux catholiques, étaient alors exposés, contraints comme dans les malheurs de la guerre, chercher d’autres terres pour obtenir l’essentiel de la vie. La Congrégation Consistoriale a donc exhorté les évêques, non seulement d’Allemagne mais aussi d’Europe centrale, à examiner attentivement le problème des migrants; d’en discuter lors de leurs réunions et conférences épiscopales, puis de fournir les moyens nécessaires pour soulager immédiatement et convenablement ces grands besoins.

Dans le même temps, il a souligné l’avantage d’étendre les activités de la Société de Saint-Raphaël. Il avait, avant la guerre, offert d’innombrables avantages à tous les voyageurs en fournissant toutes les aides suggérées par la prudence et la charité.

Plus tard en 1921, l’archevêque de Cologne a été nommé patron de la Société Saint-Raphaël, fondée en 1904, afin que cette société puisse pourvoir aux soins religieux des catholiques de langue allemande vivant alors en Italie. Et cette même société dans les années suivantes a également pris en charge les soins spirituels des Allemands dans toute l’Europe occidentale. Avec la nomination de l’évêque d’Osnabruck en tant que deuxième mécène, il s’est occupé des Allemands en Europe de l’Est et même en dehors de l’Europe.

Lorsque la guerre civile a éclaté au Mexique, un certain nombre d’évêques mexicains, de prêtres, de religieux et de nombreux laïcs ont été injustement expulsés de leur pays d’origine et ont cherché refuge aux États-Unis. Benoît XV les a chaleureusement félicités à la charité des catholiques américains, écrivant d’abord à l’évêque de San Antonio puis à l’archevêque de Baltimore, grâce à la générosité desquels de pauvres garçons destinés au sacerdoce ont été reçus au séminaire. Un tel intérêt a été, comme l’a dit le Pontife, « une grande satisfaction pour nous ».

Nous rappelons également ce que le même Pontife a fait très sagement en faveur des fidèles des rites orientaux. L’assistance spirituelle fournie aux catholiques de rite gréco-ruthène, qui avaient émigré en Amérique du Sud, a été largement étendue. Un séminaire pour les garçons italo-grecs a été fondé au monastère de Grottaferrata près de Rome. » Le diocèse de Lungro en Italie a été créé pour les catholiques de rite grec qui avaient vécu une fois en Épire et en Albanie, mais avaient fui la domination turque et atteint l’Italie, s’installant en Calabre et en Sicile.

Nous ne jugeons pas non plus inutile de mentionner le décret de la Congrégation des Rites, désignant Notre-Dame de Lorette patronne céleste de ceux qui voyagent par avion. Que ceux qui se confient à sa protection arrivent en toute sécurité à destination. »

Nous avons nous-mêmes souhaité que les fidèles aient la possibilité d’aller à la confession en voyageant par avion. Nous avons donc décrété par la suite que la permission accordée aux prêtres par le canon 883 du Code de droit canonique, donnant aux facultés d’audition des confessions en voyageant par mer, devrait également s’appliquer et être étendue aux prêtres voyageant par avion.

Notre bien-aimé prédécesseur, Pie XI, n’a laissé aucun obstacle entraver ce développement très important et réussi en faveur des migrants. D’innombrables migrants et réfugiés en Amérique et en Europe ont connu de nombreuses preuves de la paternité universelle de Pie XI. Parmi les nombreuses dispositions qu’il a prises, nous souhaitons simplement rappeler quelques-unes des plus importantes en commençant par celles au nom des peuples orientaux.

Au cours de la première année de son pontificat, l’Arménie a été dévastée et de nombreux fidèles ont été soit tués, soit autrement envoyés errants loin de leur pays d’origine. Il a généreusement soutenu ses malheureux fils ainsi privés de tous leurs biens. Il a notamment accueilli avec une hospitalité paternelle des enfants malades et orphelins dans une section de son palais de Castel Gandolfo et les a soigneusement entretenus à ses frais.

En 1925, les questions relatives aux Russes exilés de leur pays ont été confiées à la Commission russe », puis un bureau spécial a été créé dans la Congrégation pour l’Église Orientielle pour s’occuper des catholiques de rite slave» partout dans le monde.

En conséquence, un siège épiscopal a été établi à Harbin, en Chine, et un prêtre du rite byzantin-slave en a été chargé, et en tant qu’évêque russe de Harbin, il était le chef spirituel de tout le clergé et les laïcs vivant en Chine.

Les Pontifes précédents avaient fourni à Rome des églises spéciales pour les Arméniens, les Syriens, les Maronites, les Grecs, les Ruthènes et les Roumains. Suivant leur exemple, Pie XI a assigné l’église de Saint-Antoine, l’Ermite, sur l’Esquilme aux catholiques de rite slave qui résidaient ou traversaient Rome, afin qu’ils puissent adorer selon les coutumes de leurs pères.

Un séminaire russe, érigé par son commandement, a donc été installé dans un tout nouveau bâtiment à l’intérieur des locaux. Les réfugiés d’Europe de l’Est, quelle que soit leur religion ou leur nationalité, ont été aidés plus d’une fois par Pie XI par ses encouragements, son exemple et ses offres spontanées d’aide financière ainsi qu’en suscitant en leur nom la générosité des évêques et des peuples de Pologne.

Il chercha à promouvoir le bien-être spirituel de la communauté du rite byzantin que les persécutions avaient auparavant conduit en Italie, où par la suite il sépara les paroisses byzantines des diocèses de Palerme et Monreale, formant le nouveau diocèse grec ou éparchie de Piana. De même, il a établi des règles opportunes pour l’administration spirituelle des diocèses gréco-ruthènes aux États-Unis et au Canada.

En signe de sa bonne volonté particulière envers les Polonais, il a élevé au rang et à la dignité de basilique mineure l’église Saint-Josaphat, évêque et martyr, à Milwaukee, une église qui s’occupe des catholiques de langue polonaise. Puis, en 1931, il nomme l’archevêque de Gniezno protecteur de tous les émigrants polonais.

À l’instar de la Société pieuse des missionnaires de Saint-Charles pour les migrants italiens, un nouvel institut religieux a été fondé dans la ville de Godesberg en 1924 pour aider les catholiques allemands émigrant vers des pays étrangers. Pie XI a loué à juste titre cette entreprise digne et prometteuse et lorsque l’institut a atteint le développement souhaité, il lui a donné le noble nom: Société des Saints Anges.

Lorsque les évêques, les prêtres, les membres des communautés religieuses et les laïcs ont dû fuir l’Espagne à cause des persécutions antireligieuses les plus détestables qui y sévissaient, il les a reçus avec humanité et les a plus consolés affectueusement.

Afin que les Mexicains qui ont émigré vers des pays étrangers ne deviennent pas la proie des ennemis du Christ ni ne perdent les voies chrétiennes de leurs pères, il a exhorté les évêques mexicains à s’entretenir avec leurs frères évêques aux États-Unis, et il a appelé à la coopération. des groupes d’action catholique.

C’est l’endroit pour noter dûment l’amour que ce même Pontife a manifesté pour les Noirs dispersés à travers le monde. Il ressort clairement d’une lettre adressée au Supérieur général de la Société de la Parole divine, le 5 avril 1923, dans laquelle il a adressé ses meilleurs vœux pour que le séminaire soit bientôt auguré pour les étudiants de Nego. Il a décrit comme le plus bénéfique leur plan de recevoir dans la Société de la Parole Divine ces Noirs qui semblaient appelés à la vie religieuse.

Ensuite, lorsque ces étudiants auraient atteint la prêtrise, ils pourraient exercer le ministère sacré plus efficacement parmi leurs propres peuples.

En ce qui concerne les Italiens, les aumôniers à bord des navires, qui jusque-là appartenaient à la Société missionnaire de Saint-Antoine de Padoue, ont été placés le 26 janvier 1923 par Pie XI sous la direction directe du chef du Collège des prêtres qui avait a été créé pour les Italiens émigrant à l’étranger et, par la suite, il a demandé à la Congrégation Consistoriale de fournir des règles pratiques pour la formation de ces prêtres.

De même, tous les prêtres déjà engagés dans l’aide aux migrants italiens ont été placés sous un seul directeur, choisi et nommé par la Congrégation Consistoriale. Il a ordonné que les immigrants italiens soient munis de cartes d’identité appropriées de l’autorité ecclésiastique avant le départ afin qu’ils puissent être plus facilement reconnus dans leurs nouvelles terres d’origine.

Il a donné la direction de la Pieuse Société des Missionnaires de Saint-Charles à la Congrégation Consistoriale, une disposition qui a apporté de nombreux avantages à la Société. Car grâce aux efforts de notre bien-aimé Raphael Cardinal Rossi, qui était Secrétaire de la Congrégation Consistoriale et considéré à juste titre comme le deuxième fondateur par les Missionnaires de Saint-Charles, les Constitutions de la Société ont été mises en harmonie avec le Code de Canon Loi puis approuvée. Cette société a été restaurée à ses vœux religieux d’origine. De nombreuses nouvelles maisons ont été créées spécialement pour la formation des prêtres; de même, plusieurs provinces et missions religieuses autonomes ont été érigées. En conséquence, le nombre de membres a augmenté et son champ d’activité s’est développé si rapidement en Amérique, en Europe et plus récemment en Australie, qu’il semblait y avoir un espoir fondé pour une assistance plus certaine et permanente aux migrants italiens.

Enfin, le 17 avril 1922, ce noble Pontife accorda sa propre bienveillance et améliora le travail de l’Apostolat de la Mer avec l’approbation officielle du Pape. Un tel travail a été créé à Glasgow, en Écosse, en 1920 pour le bien-être spirituel des marins. Après de nombreux congrès et grâce à l’approbation des évêques, l’apostolat s’était tellement développé et répandu que nous étions nous-mêmes heureux, le 30 mai 1942, de le placer sous la direction bienfaisante de la Congrégation Consistoriale.

Pour introduire ce sujet dans notre propre pontificat, il suffit de décrire ce que l’Église a accompli au cours de ces dernières années. Comme on le sait, peu de temps après avoir été élevé au siège de Rome, des symptômes plus audacieux et violents apparaissaient chaque jour comme un désir incontrôlé d’étendre les frontières nationales, d’une suprématie idolâtrée de rage et d’une tendance effrénée à occuper des terres étrangères, et de la confiance sur la puissance plutôt que sur le droit avec la déportation cruelle et éhontée qui en résulte de nations entières et la migration forcée des peuples. Ces nouveaux crimes étaient en effet bien pires que les anciens.

Bientôt, un tourbillon des événements les plus douloureux a conduit à une guerre barbare. Nos propres efforts en faveur de la charité et de la paix ont commencé immédiatement.

Nous avons essayé tout ce qui était possible, en nous efforçant, en exhortant, en suppliant, en plaidant et en appelant directement aux chefs de gouvernement pour empêcher la guerre désastreuse. Même lorsque cette guerre tragique a éclaté et a fait honneur dans le monde entier, nous avons toujours cherché, par la parole et les actes, à l’atténuer et à la restreindre; autant que possible. Dans ces circonstances douloureuses, l’Église, en tant que mère universelle, n’a manqué ni à son devoir ni à ce qu’on attendait d’elle. Elle, « chef de la société universelle de l’amour », est devenue, selon sa coutume, un réconfort pour les affligés, un refuge pour les persécutés, une patrie pour les exilés.

Quelles que soient les énormes difficultés auxquelles nous étions confrontés et l’impossibilité des temps, nous n’avons rien négligé pour apporter de l’aide à nos fils en souffrance, sans discrimination quant à leur statut ou à leur nationalité. Nous avons également déployé de grands efforts pour les Juifs déplacés qui ont été victimes des persécutions les plus cruelles.

Nous avons approuvé, initié et poursuivi de nombreuses œuvres de charité pour le soulagement d’innombrables catastrophes et épreuves indicibles en temps de guerre dont pratiquement personne n’a échappé. Mais dans toutes ces œuvres de charité, nous avons été particulièrement attentifs aux prisonniers de guerre, aux réfugiés, aux exilés et à nos autres fils qui, pour quelque raison que ce soit, ont dû s’éloigner de leur patrie. Et en plus de cela, nos principales préoccupations étaient les enfants et les orphelins. Pourtant, cela étant bien connu de tous, le dossier étant largement documenté, il n’est pas nécessaire de le raconter davantage. Nous pouvons cependant aborder quelques éléments spécifiques.

Pendant la Première Guerre mondiale, nous avons aidé notre prédécesseur, Benoît XV, dans sa vaste œuvre caritative. Encore une fois, la Seconde Guerre mondiale a à peine éclaté lorsque, à son exemple, nous avons créé un bureau spécial sous la direction de notre Secrétaire d’État pour venir en aide aux pauvres et aux nécessiteux partout dans le monde. Un autre bureau, pour s’enquérir et échanger des informations sur les prisonniers, a été maintenu pendant la guerre.

Nous avons également nommé plusieurs autres commissions, dont la commission des victimes de la guerre, des réfugiés civils et des personnes détenues. Celui-ci a ensuite été remplacé par la Commission pontificale de secours pour tous ceux qui en avaient besoin. Il convient également de mentionner les missions organisées par notre Secrétariat d’État et envoyées plus d’une fois en Allemagne et en Autriche, principalement pour assurer le bien-être des réfugiés et des personnes déplacées.

Puis, lorsque la paix a finalement été rétablie, du moins en partie, la nécessité de subvenir aux besoins de millions de réfugiés est devenue chaque jour plus urgente. Beaucoup d’entre eux ont été empêchés de rentrer chez eux; alors qu’en même temps, un grand nombre d’autres personnes dans de nombreux pays surpeuplés étaient opprimées par le besoin et devaient se réfugier dans d’autres pays. Par conséquent, nous avons décidé de créer un bureau des migrations au sein même des secrétariats d’État. Il comprenait deux sections: l’une pour la migration volontaire, l’autre pour l’expulsion forcée. Nous avons également délégué un ecclésiastique au Bureau des migrations établi à Genève afin qu’il puisse assister aux réunions et congrès internationaux qui se tiennent dans cette ville.

Très récemment, nous avons approuvé la Commission catholique internationale pour les migrations, dont la fonction est d’unir et d’organiser les associations et comités catholiques existants, et de promouvoir, renforcer et coordonner leurs projets et activités en faveur des migrants et des réfugiés.

N’oublions pas non plus comment nos nonces et délégués et autres ecclésiastiques ont envoyé spécifiquement pour organiser des comités ou des commissions pour les réfugiés dans le besoin et pour les migrants, les ont fondés avec succès dans tous les pays, voire dans presque tous les diocèses. Bien sûr, cela a été réalisé avec l’aide de l’évêque local et des prêtres, et des membres de l’Action catholique et d’autres associations apostoliques ainsi que d’autres laïcs dignes.

La diligence et la compétence de ces comités et commissions dignes de nos louanges ont permis de réaliser de nombreux avantages dont nous avons nous-mêmes été témoins et qui, nous l’espérons, protégeront les migrants et les réfugiés.

La guerre qui a éclaté en Palestine en 1948 a apporté de nouvelles raisons de tristesse et de deuil. D’innombrables réfugiés ont subi des souffrances horribles, étant contraints d’abandonner leurs biens et d’errer dans toute la Libye, la Syrie, la Jordanie, l’Égypte et le district de Gaza. Unis dans une catastrophe commune, riches et pauvres, chrétiens et non-chrétiens, ont offert un spectacle triste et morne.

Immédiatement, suivant la coutume de l’Église catholique de venir en aide aux misérables et aux abandonnés, nous avons envoyé autant d’aide que possible. Comme il était de coutume à l’époque apostolique, nous avons spécifiquement créé la Mission pontificale pour la Palestine, qui soulage toujours le besoin des réfugiés arabes grâce à l’argent collecté auprès des catholiques partout, mais en particulier grâce à l’aide de l’agence spéciale établie par les évêques américains, appelée le Proche-Orient catholique Association de protection sociale.

Nous avons sérieusement essayé de produire dans l’esprit de tous une approche sympathique envers les exilés et les réfugiés qui sont nos frères les plus nécessiteux. En fait, nous avons souvent parlé de leur vie misérable, respecté leurs droits et fait plus d’une fois appel en leur nom à la générosité de tous les hommes et en particulier des catholiques. C’est ce que nous avons fait dans les discours radio, dans les discours et discours prononcés à l’occasion, et dans les lettres aux archevêques et évêques.

Nous avons écrit, par exemple, à nos Vénérés Frères, Archevêques, Évêques et Ordinaires de lieux en Allemagne:

Dans les circonstances actuelles, ce qui semble le plus susceptible de stimuler et de renforcer votre propre charité et celle du clergé allemand est la nécessité d’aider les réfugiés par toutes les ressources et les moyens de votre ministère. Nous nous référons à la fois aux réfugiés de votre pays qui vivent à l’étranger dans des régions dispersées et aux réfugiés étrangers en Allemagne qui, souvent privés de leurs amis, de leurs biens et de leurs maisons, sont contraints de mener une existence sordide et désespérée, généralement dans des casernes en dehors des villes. Que tous les bons Allemands et en particulier les prêtres et les membres de l’Action catholique, tournent leurs yeux et leurs cœurs vers ces voisins souffrants et leur fournissent tout ce dont la religion et la charité ont besoin.

De même, dans notre encyclique Redemptoris Nostri sur les lieux saints de Palestine, nous avons déploré avec tristesse:

De très nombreux fugitifs de tous âges et de toutes conditions de vie, chassés à l’étranger par la guerre désastreuse, nous pleurent pitoyablement. Ils vivent en exil, sous surveillance et exposés aux maladies et à toutes sortes de dangers.

Nous n’ignorons pas la grande contribution des organismes publics et des particuliers au soulagement de cette multitude accablée; et nous, dans la continuation de ces efforts de charité avec lesquels nous avons commencé notre pontificat, avons vraiment fait tout ce qui était en notre pouvoir pour soulager les plus grands besoins de ces millions.

Mais la condition de ces exilés est en effet si critique, si instable qu’elle ne peut pas durer beaucoup plus longtemps. Par conséquent, comme il est de notre devoir d’exhorter toutes les âmes généreuses et bienveillantes à soulager autant que possible la misère et le manque de ces exilés, nous implorons très sincèrement ceux qui sont en autorité de rendre justice à tous ceux qui ont été éloignés de chez eux. par la tempête de la guerre et qui aspirent avant tout à vivre à nouveau dans le calme.

Nous avons en effet fait part de notre gratitude à nos très chers frères dans l’épiscopat, ainsi qu’aux prêtres et aux citoyens de tous rangs, aux autorités publiques ainsi qu’aux agences de bienfaisance qui ont aidé les réfugiés et les émigrants de différentes manières à travers leurs activités. et des conseils.

Parmi ceux-ci, nous rappelons ici avec plaisir notre lettre du 24 décembre 1948 au président de la Conférence catholique nationale de protection sociale établie par les évêques des États-Unis pour promouvoir la protection sociale catholique.

De même, notre lettre personnelle d’avril 1951, que nous avons envoyée aux évêques d’Australie pour les féliciter à l’occasion du 50e anniversaire du Commonwealth.

En outre, nous nous sommes adressés à maintes reprises aux dirigeants des États, aux chefs d’organismes et à tous les hommes droits et coopératifs, en leur demandant instamment de prendre en considération et de résoudre les très graves problèmes des réfugiés et des migrants, et, en même temps, de penser des lourdes charges que tous les peuples portent en raison de la guerre et des moyens spécifiques qui devraient être appliqués pour atténuer les graves maux. Nous leur avons également demandé de réfléchir à l’utilité pour l’humanité que des efforts coopératifs et conjoints soulagent rapidement et efficacement les besoins urgents des souffrances, en harmonisant les exigences de la justice avec les besoins de la charité. Les secours à eux seuls peuvent remédier, dans une certaine mesure, à de nombreuses conditions sociales injustes. Mais nous savons que cela ne suffit pas. En premier lieu, il doit y avoir la justice, qui doit prévaloir et être mise en pratique.

De même, depuis les premiers jours de notre office apostolique, nous avons concentré notre attention sur tous nos fils migrants, et nous avons été très soucieux de leur bien-être, à la fois temporel et éternel.

Pour cette raison, le 1er juin 1951, dans une allocution radio à l’occasion du cinquantième anniversaire de l’Encyclique Rerum Novarum , nous avons parlé du droit des personnes à migrer, ce droit étant fondé sur la nature même de la terre.

Rappelons ici une partie de cette adresse:

Notre planète, avec toute son étendue d’océans et de lacs, avec des montagnes et des plaines couvertes de neige éternelle et de glace, avec de grands déserts et des terres sans trace, n’est pas, en même temps, sans régions habitables et espaces de vie maintenant abandonnés à la nature une végétation naturelle et bien adaptée à être cultivée par l’homme pour satisfaire ses besoins et ses activités civiles: et plus d’une fois, il est inévitable que certaines familles migrant d’un endroit à un autre se rendent ailleurs à la recherche d’une nouvelle terre natale.

Ensuite, selon l’enseignement du « Rerum Novarum », le droit de la famille à un espace de vie est reconnu. Lorsque cela se produit, la migration atteint sa portée naturelle, comme le montre souvent l’expérience. Nous voulons dire, la répartition plus favorable des hommes sur la surface de la terre convenant aux colonies de travailleurs agricoles; cette surface que Dieu a créée et préparée pour l’usage de tous.

Si les deux parties, celles qui acceptent de quitter leur terre natale et celles qui acceptent d’admettre les nouveaux arrivants, restent soucieuses d’éliminer autant que possible tous les obstacles à la naissance et au développement d’une réelle confiance entre le pays d’émigration et celui d’immigration, tous ceux qui sont affectés par un tel transfert de personnes et de lieux bénéficieront de la transaction.

Les familles recevront une parcelle de terrain qui leur sera propre au sens propre de la paroisse; les pays densément peuplés seront soulagés et leur peuple se fera de nouveaux amis à l’étranger; et les États qui reçoivent les émigrants acquerront des citoyens industrieux. Dans cette réception, les migrants acquerront des citoyens industrieux. De cette façon, les nations qui donnent et celles qui reçoivent contribueront toutes deux au bien-être accru de l’homme et au progrès de la culture humaine.

Nous avons rappelé à nouveau ces principes généraux du droit naturel l’année suivante la veille de Noël devant le Sacré Collège des Cardinaux.

Nous avons écrit spécifiquement à ce sujet dans une lettre du 24 décembre 1948 aux évêques américains:

Vous savez en effet à quel point nous avons été préoccupés et avec quelle anxiété nous avons suivi ceux qui ont été forcés par des révolutions dans leur propre pays, ou par le chômage ou la faim de quitter leurs maisons et de vivre à l’étranger.

La loi naturelle elle-même, tout comme la dévotion à l’humanité, demande que des voies de migration soient ouvertes à ces personnes. Car le Créateur de l’univers a fait toutes les bonnes choses principalement pour le bien de tous. Que pour eux doivent être libres les voies de l’émigration, le droit naturel l’exige, non moins que la pitié envers le genre humain. Le Créateur de l’univers, en effet, a établi toutes choses, en premier lieu, pour l’utilité de tous ; c’est pourquoi la domination de chaque nation, bien qu’elle doive être respectée, ne peut être exagérée au point que, si un endroit quelconque de la terre offre la possibilité de faire vivre un grand nombre d’hommes, on n’en interdira pas, pour des motifs insuffisants et pour des causes non justifiées, l’accès à des étrangers nécessiteux et honnêtes, sauf s’il existe des motifs d’utilité publique, à peser avec le plus grand scrupule.

Informé de nos intentions, vous vous êtes récemment efforcé de légiférer pour permettre à de nombreux réfugiés d’entrer sur votre territoire. Grâce à votre persévérance, une loi de prévoyance a été promulguée, une loi qui, nous l’espérons, sera suivie par d’autres de portée plus large. De plus, vous avez, avec l’aide d’hommes choisis, pris soin des émigrants en quittant leur foyer et en arrivant sur votre terre, mettant ainsi admirablement en pratique le précepte de la charité sacerdotale: «Le prêtre ne doit blesser personne; il voudra plutôt aider tout le monde. » (St. Ambroise, «De Officiis ministrorum», lib. 3, c. IX).

Mais personne qui a entendu nos paroles, que ce soit dans notre discours de Noël de 1945116 ou dans notre allocution du 20 février 1946 aux cardinaux nouvellement créés, et dans notre discours du 25 février au Corps diplomatique accrédité auprès de la Sainte Voyez, certainement, personne ne peut ignorer la grave préoccupation qui saisit le cœur du père inquiet de tous les fidèles.

Dans ces discours et dans nos entretiens radiophoniques, nous avons condamné sévèrement les idées de l’État totalitaire et impérialiste, ainsi que celle du nationalisme exagéré. D’une part, en fait, ils restreignent arbitrairement les droits naturels des personnes à migrer ou à coloniser tandis que d’autre part, ils obligent des populations entières à migrer vers d’autres terres, déportant des habitants contre leur volonté, arrachant honteusement des individus à leur famille, à leur maison et leurs pays.

Dans cette allocution au Corps diplomatique, en présence d’un rassemblement solennel, nous avons de nouveau affirmé notre désir, souvent exprimé précédemment, d’une paix juste et durable. Nous avons indiqué une autre manière de réaliser cette paix, une manière qui favorise les relations amicales entre les nations; c’est-à-dire pour permettre aux exilés et aux réfugiés de rentrer enfin chez eux et pour permettre à ceux qui en ont besoin, dont les terres n’ont pas les nécessités de la vie, d’émigrer vers d’autres pays.

Dans notre allocution aux cardinaux à l’occasion de la fête de notre patron, saint Eugène, le 1er juillet 1946, nous avons de nouveau appelé les nations au territoire plus étendu et aux populations moins nombreuses à ouvrir leurs frontières aux habitants des pays surpeuplés. Parmi ces derniers, comme on le sait, le Japon est aujourd’hui le plus surpeuplé.

Nous avons exprimé le même point de vue dans notre discours de Noël de 1948. Il vaut mieux, disions-nous, faciliter la migration des familles vers les pays capables de leur fournir les éléments essentiels à la vie, que d’envoyer des denrées alimentaires à grands frais dans les camps de réfugiés.

Par conséquent, lorsque des sénateurs des États-Unis, qui étaient membres d’une commission de l’immigration, se sont rendus à Rome il y a quelques années, nous les avons de nouveau exhortés à essayer d’appliquer aussi libéralement que possible les dispositions trop restrictives de leurs lois sur l’immigration.

Nous n’avons pas non plus négligé d’exposer et d’exhorter ce même principe lors d’une audience à laquelle nous avons eu le plaisir d’admettre également d’éminents membres du Congrès américain en charge des réfugiés européens et qui étaient également membres d’une commission des dépenses publiques. Nous avons réaffirmé cette position très récemment, le 4 juin dernier, dans notre discours paternel à notre cher peuple brésilien.

Dans une allocution du 2 juillet 1951 aux membres d’un Congrès catholique international pour l’amélioration des conditions de vie en milieu rural, tenu à Rome, nous avons dit que les réglementations internationales en faveur de l’émigration et de l’immigration bénéficieraient de très grands avantages.

Plus tard, nous avons décrit la gravité de cette question à de nombreux membres distingués d’un Congrès international catholique sur les migrations, tenu à Naples, que nous avons reçu avec plaisir en audience.

Nous remercions donc sans fin Dieu, le généreux donateur de tout bon cadeau, qui a le plus généreusement aidé sa Sainte Église. En fait, c’est grâce à son aide et avec la coopération et l’initiative efficaces de toutes les commissions et agences, qu’il a été possible d’entreprendre, entre autres, les projets de secours et d’assistance sociale suivants:

Des établissements pour garçons et filles, certains ouverts pendant les mois d’été et certains en permanence, lesquels établissements ont également accueilli des enfants d’immigrants de nombreux pays différents, les accueillant avec grand soin; des instituts pour s’occuper des orphelins et des enfants estropiés pendant la guerre; cuisines et tables avec de la nourriture pour les nécessiteux; des abris pour recevoir les prisonniers et réfugiés nouvellement libérés à leur retour dans leur pays d’origine et pour aider les migrants et leurs familles; Cadeaux de Noël donnés sur nos instructions aux enfants et aux prisonniers.

Des dispositions ont été prises pour que les jeunes de tous les pays puissent, bien qu’étant éloignés de leur pays d’origine, pouvoir reprendre dans les écoles étrangères les études qu’ils avaient dû abandonner auparavant. De même, de nombreux voyages ont été effectués dans divers pays européens pour apporter de l’aide, de la nourriture, des vêtements, des médicaments aux pauvres et aux victimes de la guerre; centres de loisirs pour les soldats loin de chez eux.

Pendant que la guerre désastreuse faisait rage, une grande masse de personnes, des enfants, des femmes, des malades et des personnes âgées convergeait vers Rome presque toutes les heures pour chercher auprès du père commun de tous un lieu de sécurité et de refuge. Ils venaient des villes et des villages ravagés par les ennemis envahisseurs, en particulier des régions dévastées d’Italie. Cela nous a fait élargir, encore plus, la portée de notre charité, car les cris de tant d’exilés et de réfugiés ont touché notre cœur et, émus par cette même pitié, nous avons ressenti le besoin de répéter ces paroles de Notre Seigneur: « J’ai compassion de cette multitude. »

Pour cette raison, nous avons ouvert les portes de tous nos bâtiments au Vatican ainsi qu’au Latran, et en particulier ceux de Castel Gandolfo; et dans les basiliques romaines, ainsi que dans ces communautés religieuses, séminaires et collèges ecclésiastiques de Rome. Ainsi, alors que presque le monde entier était enflammé par une haine amère et que le sang des frères coulait librement, la ville sacrée de Rome et les bâtiments mentionnés sont devenus des centres et des maisons de charité.

Nous avons également eu le privilège de réconforter des millions de soldats et de prisonniers par des activités religieuses et caritatives et d’encourager également leurs aumôniers avec des aides spirituelles extraordinaires; nous avions également le privilège de ramener ceux qui avaient été exilés sur leurs propres terres et d’obtenir la liberté de civils condamnés injustement à la prison ou à l’exil; encore une fois pour sortir de prison et sauver d’une mort presque certaine ces personnes déportées vers des régions reculées, et les renvoyer dans leurs familles anxieuses.

Nous avons eu le privilège d’assurer les moyens de voyager aux réfugiés et migrants sur le point de migrer vers des terres étrangères hospitalières; de recevoir cordialement les clercs et les prêtres bannis qui ont tant souffert pour la foi apostolique et l’unité catholique, et de leur assigner un nouveau champ de travail apostolique parmi les migrants et les réfugiés de leurs propres nations; pour soulager, par tous les moyens, un grand nombre de migrants, et en particulier les travailleurs qui vivent hors de leur pays d’origine en raison de leur travail; nourrir et protéger la vie délicate des enfants et veiller à la guérison des malades; pour assurer l’enterrement de ceux qui sont tombés au combat, pour garder leurs restes vénérés et pour les renvoyer dans leur pays d’origine.

Nous tenons également à exprimer nos remerciements à tous ceux qui, même s’ils ont été assiégés par de nombreux troubles privés et publics, ont répondu généreusement à nos appels.

Même maintenant, c’est avec un cœur endolori que nous rappelons les grandes masses de réfugiés qui se sont déversés à Rome pendant la guerre. Et nous nous souvenons de nos malheureux fils, exilés ou internés qui, en tant que pèlerins à Rome, sont partis plus tard de nombreuses régions d’Europe pour gagner des indulgences expiatoires du Jubilé. Nous étions très heureux de les recevoir et nous nous sommes adressés à eux en tant que père. Nous avons dissipé leurs larmes et réconforté leurs esprits aigris avec l’espérance chrétienne.

Avec un cœur affligé, nous nous souvenons encore et encore de nos très chers fils, les évêques, les prêtres et les religieuses traînés injustement de chez eux et tous ceux qui, condamnés à la prison ou au travail forcé, ont été maintenus dans des conditions de vie absolument inhumaines.

Tous ces malheureux errants ont été pour nous une source d’angoisse incessante.

Afin que ces peuples déracinés puissent être renouvelés par des dons et des réconforts célestes, nous avons prié ardemment et continuellement en leur nom au Père éternel et à notre très aimant Rédempteur, source de chaque consolation. Nous implorons toujours Dieu que « les réfugiés, les prisonniers et les déportés qui ont été transportés loin de leur pays d’origine puissent retourner dans leurs pays bien-aimé dès que possible ».

Nous pensons avoir rempli un devoir urgent de notre charge lorsque nous avons nommé certains prélats, distingués par leur zèle, pour améliorer le bien-être spirituel des personnes de leur nationalité vivant dans des colonies éloignées de leur pays d’origine. En raison de leur autorité, ils devaient diriger et soutenir tout ce qui devait être entrepris au nom des colons par des prêtres de leur langue maternelle. Nous avons été heureux de voir comment ces prélats, auxquels nous avons confié un mandat spécial en tant que visiteurs et dotés des pouvoirs appropriés, ont fidèlement rempli nos espoirs.

Entre-temps, c’est avec une profonde satisfaction que nous avons appris le travail de l’Agence catholique néerlandaise pour la prise en charge des migrants. Cette institution, créée par les évêques de Hollande, a travaillé avec beaucoup de succès au nom des catholiques se préparant à émigrer ou de ceux qui avaient déjà émigré de ce pays. Nous avons également été heureux de constater qu’un nombre croissant de prêtres se sont rendus à l’étranger, en particulier en Belgique, en France, en Allemagne, en Suisse, en Hollande, en Grande-Bretagne et dans des régions éloignées de l’Amérique; non seulement pour aider les émigrants de leur nationalité, mais aussi pour travailler dur en faveur des pauvres dans les endroits où il y a pénurie de prêtres comme dans certains diocèses d’Amérique latine.

Nous devons honorer par une mention spéciale les évêques d’Italie qui, sous l’impulsion de la Congrégation Consistoriale, ont autorisé un certain nombre de prêtres à quitter leur pays. Les évêques espagnols méritent également d’être honorés, car l’Institut hispano-américain de coopération sacerdotale est dû à leurs efforts.

De peur que personne ne pense que les communautés religieuses n’ont apporté qu’une petite contribution à ce travail, il suffit de rappeler que les prêtres de l’Ordre sont devenus volontairement les compagnons des prêtres séculiers et des évêques dans leurs souffrances et leurs travaux. Ils sont allés, plus que par le passé, dans des régions reculées et, travaillant avec leur ardeur habituelle, ont mérité des éloges.

Avec les Ordres plus anciens et les clercs réguliers, et les nouvelles congrégations et communautés, une nouvelle Société, approuvée par le Saint-Siège, s’est également distinguée dans cette branche de l’apostolat. Il s’agit de la Société du Christ, fondée dans l’archidiocèse de Gniezno en 1932, pour les soins spirituels des Polonais vivant à l’étranger.

Dans notre sollicitude constante pour les réfugiés orientaux, nous avons entre autres érigé le Vicariat patriarcal maronite dans le diocèse du Caire pour les catholiques maronites, qui migrent souvent du Liban en Égypte ou y vivent en permanence.

Au Canada, nous avons divisé la province ruthène en trois provinces ou exarchates; le centre, l’est et l’ouest. Plus tard, une partie de la province centrale a été séparée et établie comme nouvelle province de la Saskatchewan. Très récemment, nous avons également érigé un diocèse au Brésil pour les catholiques de rite oriental vivant dans ce pays.

Nous avons également créé le Collège lituanien de Saint-Casimir à Bonne pour les évêques et les prêtres réfugiés de Lituanie.

Nous avons été très heureux de nommer saint François de Paula patron céleste des associations dédiées au service des marins, des compagnies de navigation et de tous les marins d’Italie. Nous avons également été ravis de canoniser sainte Françoise Xavier Cabrini et de la proclamer patronne céleste de tous les migrants.

Ces projets opportuns semblent tout à fait à noter ici. Initiés par ce Siège apostolique, ils ont été entrepris par les évêques avec la coopération enthousiaste des prêtres, des membres des communautés religieuses et des laïcs. Les noms de ces collaborateurs, bien que, pour la plupart, non enregistrés dans les livres d’histoire, sont néanmoins écrits au paradis. Encore une fois, ces travaux ont paru mériter d’être racontés ici, ne serait-ce que brièvement, afin que l’activité universelle et bienveillante de l’Église en faveur des migrants et des exilés de toutes sortes – à laquelle elle a apporté toute l’aide possible: religieuse, morale et sociale, – pourraient ainsi être mieux appréciés.

En outre, il semblait que ces choses devaient être rendues publiques, surtout à notre époque, lorsque les entreprises prévoyantes de la Mère Église sont si injustement assaillies par ses ennemis et méprisées et négligées, même dans le domaine même de la charité où elle a été la première à rompre. sol et souvent le seul à continuer sa culture.

Des lettres fréquentes, que nous avons récemment reçues, indiquent, comme on peut le lire tous les jours dans les journaux et les magazines, que le nombre d’immigrants en Europe et en Amérique, et dernièrement en Australie et dans les îles Philippines, a continué d’augmenter.

Certes, de nombreuses organisations – y compris un certain nombre d’agences officielles, nationales et internationales – se sont disputées et rivalisent encore pour aider les migrants, soulager les besoins moraux et matériels. Néanmoins, en raison de notre ministère suprême et universel, nous devons continuer de prendre soin avec le plus grand amour de nos fils pris dans les épreuves et les malheurs de l’exil, et de nous efforcer de toutes nos ressources pour les aider. Bien que nous ne négligions pas l’aide matérielle autorisée, nous cherchons principalement à les aider avec une consolation spirituelle.

Émus par leur désir pour le bien des âmes, beaucoup de nos vénérés frères, évêques et archevêques, y compris un certain nombre de cardinaux, nous ont exhortés à publier de nouveaux règlements pour mieux organiser, pour l’administration diocésaine, les soins spirituels des immigrants. Leurs demandes nous ont été adressées par notre vénérable frère, le cardinal AC Piazza, évêque de Sabina et Poggio Mirteto, et secrétaire de la Congrégation consistoriale.

Ces demandes étaient pleinement conformes à nos propres intentions. En fait, nous attendions avec impatience l’occasion d’élaborer des règlements appropriés pour les évêques, afin de leur donner les pouvoirs nécessaires pour offrir aux étrangers, qu’ils soient immigrants ou voyageurs, l’assistance religieuse adaptée à leurs besoins, et pas inférieure à celle disponible pour les autres catholiques. dans les diocèses. Cette réglementation ne devait pas entrer en conflit avec les dispositions du Code de droit canonique, mais plutôt se conformer fidèlement à la fois à son esprit et à sa pratique.

Nous avons pensé qu’il serait très utile pour le salut des âmes et pour l’amélioration de la discipline de l’Église de présenter un bref résumé historique des activités au moins les plus importantes de notre Sainte Mère l’Église catholique en faveur des migrants. Nous avons également esquissé, à partir de la fin du XIX e siècle et jusqu’à nos jours, certaines des réglementations, toujours en vigueur, régissant la pastorale des migrants.

Mais surtout, nous avons pensé qu’il était important d’organiser dans un recueil systématique les lois pertinentes adaptées aux temps et circonstances actuels, tandis que les anciennes règles sont soit annulées en partie, soit modifiées ou élargies. Nous espérons, de cette manière, mieux prévoir les soins spirituels de tous les émigrants et étrangers. Nous souhaitons que ce soin soit confié en permanence aux Congrégations Consistoriales en raison de son autorité sur les catholiques de rite latin.

Ayant accompli la première partie de ce plan, nous passons maintenant à la deuxième partie.

Titre II – Normes pour la prise en charge spirituelle des migrants

CHAPITRE I

LA COMPÉTENCE DE LA CONGRÉGATION CONSISTORIELLE
CONCERNANT LES MIGRANTS

Nous passons maintenant en revue, approuvons et confirmons les textes de loi de nos prédécesseurs de la mémoire heureuse, et en particulier ceux de Saint-Pie X; en même temps cependant, nous les modifions quelque peu, comme cela semble nécessaire. Nous souhaitons et décrétons par la présente que les règles suivantes seront respectées à l’avenir.

a) La Congrégation Consistoriale est seule habilitée à rechercher et à fournir tout ce qui concerne le bien-être spirituel des migrants de rite latin, où qu'ils aient pu migrer. Cependant, si leur migration se fait vers des pays sous la juridiction de la Congrégation pour l'Église orientale ou de la Congrégation pour la propagation de la foi, ces Congrégations doivent être consultées en fonction de la région.
b) Il est également de la compétence de la Congrégation Consistoriale de rechercher et de pourvoir, de la même manière, aux émigrants du rite oriental, chaque fois que les émigrants de l'un ou l'autre rite oriental partent pour des zones qui ne sont pas sous la juridiction de la Congrégation pour l'Église orientale, et où aucun prêtre de ce rite n'est disponible, mais dans tous les cas une consultation préalable doit être engagée avec la Congrégation pour l'Église orientale.
a) Chaque fois que des prêtres de rite latin migrent, c'est toujours la Congrégation Consistoriale seule qui a juridiction. diction sur eux.
b) Si les prêtres de rite latin soumis à la Congrégation pour l'Église d'Orient ou à la Congrégation pour la Propagation de la Foi souhaitent émigrer dans une zone ne relevant pas de la même Congrégation, ils seront également soumis aux règles concernant cette migration, effectuée ou à effectuer par la Congrégation Consistoriale, sans préjudice des droits de la Congrégation pour l'Église Orientale ou pour la Propagation de la Foi.
c) Ces mêmes règles sont contraignantes pour les prêtres de rite oriental qui migrent vers des zones ne relevant pas de la juridiction de la Congrégation pour l'Église orientale, également sans préjudice des lois et droits de cette même Congrégation pour l'Église orientale.
a) 1. La Congrégation Consistoriale seule peut autoriser les prêtres à émigrer de l'Europe ou des régions méditerranéennes vers d'autres pays à l'étranger. Cela s'applique quelle que soit la durée de leur absence, qu'elle soit brève ou longue, indéfinie ou permanente. Cette autorisation peut être simplement pour le départ ou pour une brève résidence dans le nouveau pays, ou pour une résidence plus prolongée dans ce pays.
Les Nonces, Internoncios et Délégués apostoliques peuvent accorder cette autorisation aux prêtres de cette nation où ils accomplissent régulièrement leurs devoirs, à condition que cette faculté leur ait été accordée et leur soit réservée.
b) 1. Les prêtres mentionnés en a) 1. doivent obtenir la permission et se conformer à toutes les autres réglementations avant d'être incardinés dans le nouveau diocèse à l'étranger.
Cette autorisation est également nécessaire pour les prêtres religieux à moins qu'il ne s'agisse d'aller, sur ordre de leurs supérieurs, dans une autre maison de leur ordre. De même, les religieux exclus ont besoin de lui, pendant le temps de leur exclaustration; aussi, les religieux qui ont été «sécularisés», qu'ils aient été acceptés par un évêque ami ou simplement à titre d'essai.
c) Cette autorisation, sans préjudice des autres exigences du décret Magni Semper Negotii, ne peut être accordée que s'il est certain qu'il existe:
Les témoignages de bonne conduite du pétitionnaire;
un motif approprié et raisonnable de migration;
consentement de l'évêque du lieu qu'il quitte ou de son supérieur dans le cas d'un religieux, et de l'évêque vers le diocèse où il se rend;
un indult de la Congrégation du Conseil, s'il s'agit d'un pasteur d'être absent à plus de deux mois de sa paroisse.
d) Les prêtres, qu'ils soient laïques ou religieux, qui ont obtenu l'autorisation de migrer vers un pays d'outre-mer, doivent obtenir une nouvelle autorisation s'ils souhaitent se rendre dans un autre pays, même sur ce même continent.
e) Les prêtres qui, au mépris de ces règles, migrent avec insouciance et audace, encourent les sanctions du décret Magni Sempre Negotii.
Un indult apostolique pour établir des paroisses de nationalité spéciale au profit des immigrants ne peut, selon le Canon 216, 4 du Code de Droit Canon, être accordé que par la Congrégation Consistoriale.
a) C'est également la Congrégation Consistoriale qui a le droit:
Après avoir d'abord examiné la vie, la moralité et l'aptitude antérieures du demandeur et vérifié le consentement de l'Ordinaire, puis accordé la permission aux prêtres, qu'ils soient laïques ou religieux qui souhaitent maintenant se consacrer aux soins religieux des migrants de leur propre nationalité ou ou aux soins de personnes qui peuvent voyager par mer ou qui, pour de nombreuses raisons, peuvent être à bord de navires ou attachées à des navires, à quelque titre que ce soit. De même, ladite Congrégation a le droit de nommer, par rescrit spécial, des prêtres missionnaires auprès des migrants ou aumôniers à bord des navires; de même, pour assigner leurs destinations, pour les transférer, pour accepter leurs démissions, et dans un cas approprié, pour les licencier.
Choisir et nommer dans n'importe quelle nation des Modérateurs ou Directeurs de Missionnaires pour les migrants de la même nationalité ou langue.
Eligere ac constituere Moderatores seu Directores cappellanorum navigantium; (d'après le texte du latin latin du Vatican. Aucune traduction disponible.)
Diriger et superviser tous ces prêtres, que ce soit par le biais des Ordinaires locaux ou du Délégué aux Affaires migratoires, ou d'autres ecclésiastiques délégués pour cette tâche.
b) 1. Si le rescrit mentionné au a) 1. est accordé, un avis doit être envoyé à la fois aux Ordinaires, à l'Ordinaire de qui et à l'Ordinaire à qui le prêtre va.
La Congrégation Consistoriale ne doit pas tarder à notifier aux évêques la nomination des modérateurs ou directeurs pour leurs nations ou territoires.
a) Nous approuvons avec notre autorité les comités spéciaux ou commissions épiscopales créés dans de nombreux pays européens et américains pour l'aide spirituelle des migrants, et souhaitons que ces comités opportuns soient également mis en place dans d'autres domaines. Nous avons donc décidé que les prêtres nommés par les évêques pour exercer les fonctions de secrétaires de ces comités pourraient être nommés directeurs des affaires migratoires, chacun pour son propre pays, par la Congrégation consistoriale.
b) Lorsque ce type de comité n'a pas encore été mis en place, la Congrégation Consistoriale peut choisir un directeur parmi les prêtres présentés par les évêques du pays.
a) Afin de faciliter le travail d'assistance aux émigrants, nous établissons et instituons, dans les bureaux de notre Congrégation Consistoriale, un Conseil suprême des migrations.
b) Le président de ce Conseil sera l'évaluateur de la même Congrégation. Son secrétaire sera le délégué aux affaires migratoires.
c) Les personnes suivantes peuvent être membres de ce Conseil;
Les prêtres qui, dans leur propre pays ou région, servent de secrétaires des commissions épiscopales pour les soins spirituels des immigrants ou sont autrement engagés, sous la direction de leurs évêques, dans ce type de soins spirituels.
Ces prêtres, laïques ou réguliers, résidant à Rome qui semblent exceptionnels en raison de leur connaissance de ce domaine et de leur zèle pour les âmes.
a) Nous établissons également au sein de la Congrégation Consistoriale une autre agence, le Secrétariat International Général, pour diriger le travail de l'Apostolat de la Mer. Le principal travail de cet apostolat est de promouvoir le bien-être spirituel et moral des gens de mer, c'est-à-dire à la fois de ceux qui montent à bord des navires en tant qu'officiers et de ceux qui y vont en tant que membres d'équipage, ainsi que de ceux qui sont employés dans les ports pour préparer les garde-corps.
b) L'évaluateur de la Congrégation Consistoriale dirigera ce secrétariat en tant que président. Le délégué aux affaires migratoires est son secrétaire.
c) Les membres suivants peuvent être choisis comme membres du Seeretariate:
Les ecclésiastiques qui, dans chaque pays, ont été nommés directeurs de ces travaux par les évêques.
D'autres prêtres qui, ayant notamment travaillé au développement de cet ouvrage, sont recommandés par de bons témoignages. 

CHAPITRE II

LE DÉLÉGUÉ POUR LES AFFAIRES MIGRATOIRES

Nous établissons dans la Congrégation Consistoriale le Bureau du Délégué aux Affaires Migratoires.
a) La fonction de ce Délégué est de favoriser et de promouvoir par tous les moyens appropriés le bien-être, en particulier spirituel, des migrants catholiques de quelque langue, race, nationalité ou, à quelques exceptions près, rite. Ce faisant, le délégué doit s'entretenir, le cas échéant, avec notre secrétaire d'État ou avec des fonctionnaires ou des agences gouvernementales.
b) A cette fin, le Délégué est, au nom et par l'autorité de la Congrégation Consistoriale, pour assister et soutenir par ses activités et conseiller toutes les organisations, institutions et agences catholiques, nationales ou internationales, y compris - sans préjudice de les droits des évêques - groupes diocésains et paroissiaux qui visent le même but.
a) Le Délégué est chargé des missionnaires auprès des migrants et aumôniers à bord des navires, laïques ou réguliers, et de leurs directeurs.
b) Il doit, par ordre de la Congrégation Consistoriale, diriger et superviser ces hommes, et ne pas négliger d'en rendre compte.
Il sera également du devoir du Délégué de recruter et de présenter à la Congrégation Consistoriale des prêtres qui souhaitent se consacrer aux soins spirituels de ceux qui migrent ou ont migré et de ceux qui sillonnent les mers ou qui sont pour quelque raison que ce soit à bord des navires ou les entretenir.
a) Les prêtres approuvés pour le travail et nommés missionnaires auprès des migrants ou des aumôniers de navire par rescrit de la Congrégation Consistoriale seront affectés à une mission ou à un navire spécial par le Délégué.
b) Le Délégué veillera à fournir à ces hommes l'aide dont ils ont besoin, qu'il le fasse personnellement et immédiatement, ou indirectement par le biais d'autres ecclésiastiques, de préférence par l'intermédiaire de leurs Directeurs.
Le Délégué informe les Ordinaires locaux et les Directeurs de l'arrivée imminente des immigrés.
Le Délégué s'efforcera de promouvoir et d'orienter tout ce qui pourrait contribuer au succès d'une Journée annuelle des migrants.
À la fin de chaque année, le Délégué préparera et enverra à la Congrégation Consistoriale un rapport sur l'état matériel et spirituel des missions et sur le respect de la discipline ecclésiastique par les missionnaires aux migrants et par les aumôniers de navires.
a) Par conséquent, nous supprimons et déclarons supprimés l'Office du prélat des émigrants italiens.
b) Nous déclarons également de manière définitive les fonctions de Visiteurs ou Délégués de quelque langue ou nationalité que ce soit, préalablement établies pour le bien-être religieux des immigrants et réfugiés vivant en Europe et en Amérique. 

CHAPITRE III

ADMINISTRATEURS, MISSIONNAIRES DES MIGRANTS ET ATELIERS DES NAVIRES

a) Les missionnaires auprès des émigrants et aumôniers à bord des navires et leurs directeurs effectueront des travaux de vol sous la direction de la Congrégation consistoriale et de son délégué aux affaires migratoires.
b) Ni la mission de missionnaire auprès des migrants ni celle des aumôniers de navire, ni celle de directeur n'effectuent l'excardination d'un diocèse. Ils n'offrent pas non plus d'exemption ni de son propre supérieur ordinaire ou religieux, ni de l'ordinaire du lieu où se fait le travail du missionnaire ou de l'aumônier.
Les directeurs de missionnaires auprès des migrants et les aumôniers de navire n'ont, en vertu de leur charge, aucune juridiction, territoriale ou personnelle, à l'exception de celle décrite ci-dessous.
Les droits et devoirs d'un administrateur sont principalement:
a) Prendre des dispositions avec les évêques de la nation ou du territoire dans lequel les missionnaires ont une résidence stable, en ce qui concerne tous les facteurs qui concernent le bien-être spirituel des immigrants de leur nationalité ou de leur langue.
b) Diriger, sans préjudice des droits des Ordinaires, les missionnaires ou les aumôniers.
a) Le directeur devrait donc enquêter sur:
Que les missionnaires ou les aumôniers mènent une vie conforme aux normes des chanoines sacrés et prennent soin de remplir leurs devoirs.
Si ces hommes exécutent correctement les décrets de la Congrégation Consistoriale et de leur Ordinaire du lieu.
Qu'ils préservent soigneusement le décorum et la dignité des églises ou des chapelles ou des oratoires et des meubles sacrés, en particulier en ce qui concerne la garde du Très Saint Sacrement et la célébration de la messe.
Si les rites sacrés sont célébrés selon les exigences des lois liturgiques et des décrets de la Congrégation des Rites. De même, si les revenus de l'église sont soigneusement administrés et les obligations qui y sont liées, en particulier celles de la messe, sont correctement remplies. De même, si les registres paroissiaux, mentionnés ci-dessous dans les numéros 25 c) et 35 b), sont correctement écrits et conservés.
b) Pour s'assurer de tout cela, le directeur doit visiter fréquemment les missions ou les navires.
c) Il appartient également au Directeur, dès qu'il apprend qu'un missionnaire ou un aumônier est gravement malade, de prêter assistance, afin qu'aucune aide spirituelle ou matérielle ne manque, ni, en cas de décès, de funérailles décentes. Il doit également veiller à ce que pendant la maladie du prêtre ou à sa mort, les dossiers, documents, meubles sacrés et autres biens de la mission ne soient ni perdus ni emportés.
Le Directeur peut, lorsque cela est possible et pour de bonnes raisons approuvées par la Congrégation Consistoriale, rassembler tous les missionnaires ou aumôniers, notamment afin de faire une retraite ou d'assister à des conférences sur les meilleures méthodes pour exercer leur ministère.
Au moins une fois par an, le Directeur envoie un rapport précis à la Congrégation Consistoriale sur les missionnaires et les aumôniers, et sur l'état des missions. Il doit raconter non seulement le bien accompli au cours de l'année, mais aussi les maux qui se sont glissés, quelles mesures ont été prises pour les éviter et ce qui semble nécessaire pour favoriser la croissance des missions.
Les missionnaires auprès des migrants s'occupant spirituellement des catholiques de leur propre nationalité ou langue relèvent de la compétence de l'Ordinaire du lieu, selon les normes du chapitre IV ci-dessous.
a) Il est du devoir des aumôniers à bord des navires de veiller, tout au long du voyage, aux soins spirituels de tous ceux qui, pour quelque raison que ce soit, se trouvent à bord. La seule exception serait dans le cas du mariage.
b) Les aumôniers se verront attribuer, sans préjudice de la disposition du Canon 883 du Code de Droit Canon, des règles et facultés spéciales par la Congrégation Consistoriale.
c) Ils doivent tenir un registre des baptêmes, confirmations et décès. À la fin de chaque voyage, ils doivent envoyer à leur directeur une copie de ce dossier, ainsi qu'un rapport de leur travail effectué lors de ce voyage.
S'il y a une chapelle érigée légitimement sur le navire, les aumôniers sont, avec les indemnités dues, réputés équivalents aux recteurs d'églises.
a) Les aumôniers peuvent célébrer les services divins, même solennellement, dans la chapelle à bord du navire tant qu'ils respectent les lois canoniques et liturgiques et veillent à organiser les services à un moment opportun pour tous à bord.
b) Les aumôniers doivent:
Annoncez les jours de fête aux personnes à bord.
Donner des instructions catéchétiques, en particulier aux jeunes, et une explication de l'Évangile.
Les aumôniers à bord des navires doivent surveiller:
a) Que dans la chapelle, les services divins sont célébrés correctement selon la prescription des chanoines sacrés et que les prêtres célébrant la messe soient assistés par un autre prêtre s'il y en a un, dévolu à un surplis, afin d'éviter le danger de renverser le Espèces sacrées du calice.
b) Que le mobilier sacré soit conservé et le décorum de la chapelle soigné; que rien n'y soit fait incompatible, en aucune façon, avec la sainteté du lieu ou le respect dû à la Maison de Dieu, et que ni la chapelle ni l'autel ni les vêtements sacrés ne soient utilisés au service des sectes non catholiques.
a) Personne ne peut célébrer la messe, administrer les sacrements, prêcher ou accomplir d'autres fonctions divines dans la chapelle du navire, sans l'autorisation, du moins présumée, de l'aumônier.
b) Cette autorisation doit être accordée ou refusée selon les règles ordinaires du droit canonique.
Le droit d'ériger et de bénir une chapelle sur un navire appartient à l'Ordinaire du lieu où se trouve le port d'attache du navire.
Les missionnaires et les aumôniers peuvent, avec le consentement du directeur et du supérieur en cas de religieux, s'absenter de leur mission ou de leur navire pendant un mois au cours de la même année, à condition que les besoins des émigrants ou des marins soient satisfaits par un prêtre qui a le rescrit approprié de la Congrégation Consistorial. Les directeurs, qui doivent obtenir l'autorisation de la Congrégation Consistoriale, et s'ils sont religieux, de leur Supérieur, bénéficient de ce même privilège, à condition qu'ils puissent trouver un prêtre agréé par la Congrégation Consistoriale pour les remplacer. 

CHAPITRE IV

LES ORDINAIRES LOCAUX DE SOINS SPIRITUELS SONT À FOURNIR DES ÉTRANGERS

Les Ordinaires locaux doivent pourvoir aux soins spirituels des étrangers de toutes sortes, qu'ils aient un quasi-domicile ou qu'ils n'aient aucun domicile. Chaque fois que, dans ce ministère, il semble pour une raison ou une autre inutile de demander à la Congrégation Consistoriale l'autorisation d'établir des paroisses pour divers groupes linguistiques ou de nationalité, les Ordinaires locaux doivent à l'avenir observer attentivement les règles suivantes:
Chaque Ordinaire du lieu doit faire un effort sérieux pour confier les soins spirituels des étrangers ou des immigrants à des prêtres, laïques ou réguliers, de la même langue ou de la même nationalité, c'est-à-dire aux missionnaires aux migrants qui ont, comme indiqué ci-dessus, une licence spéciale de la Congrégation Consistoriale.
De la même manière, après consultation de la Congrégation Consistoriale et après avoir observé toutes les autres exigences de la loi, chaque Ordinaire du lieu tentera d'accorder à ces missionnaires aux migrants le pouvoir d'entreprendre les soins spirituels des immigrés catholiques de leur propre langue ou nationalité sans canonique. quasi-domicile ou sans domicile canonique.
a) Un missionnaire auprès des migrants, doté d'une telle autorité dans l'exercice du soin des âmes, doit être considéré comme un pasteur. Il possède donc, en tenant dûment compte, les mêmes facultés de soin spirituel qu'un pasteur et est lié par les mêmes obligations et tenu aux exigences de la common law.
b) Ils doivent donc en premier lieu tenir les registres paroissiaux mentionnés au Canon 470 du Code de Droit Canon. Une copie exacte doit être envoyée à la fin de chaque année au pasteur du lieu et à son directeur.
a) L'autorité paroissiale de ce type est personnelle et doit être exercée sur les étrangers ou les immigrants.
b) Cette même autorité est cumulative à égalité avec celle du pasteur du lieu, même si elle s'exerce dans une église ou une chapelle ou un oratoire public ou semi-public, confiée au missionnaire aux migrants.
a) Dans la mesure du possible, chaque missionnaire auprès des migrants se verra attribuer une église, une chapelle ou un oratoire public ou semi-public pour l'exercice du ministère sacré.
b) Sinon, l'Ordinaire du lieu édictera un règlement pour permettre au missionnaire auprès des migrants de remplir librement et complètement ses devoirs dans une autre église, sans exclure l'église paroissiale.
Les missionnaires auprès des migrants sont, alors que dans ce travail, entièrement soumis à la juridiction de l'Ordinaire du lieu, tant en ce qui concerne l'exercice du ministère sacré qu'en ce qui concerne la discipline, à l'exclusion de tout privilège d'exemption.
Pour recevoir les sacrements, y compris le mariage, tout étranger, que ce soit avec un quasi-domicile canonique ou sans aucun domicile canonique, est libre d'approcher un missionnaire auprès des migrants ou le pasteur du lieu.
Aux fins des discussions, la désignation d'immigrants sans quasi-domicile canonique (advenae) ou sans domicile canonique (peregrini) comprend:
Tous les étrangers - à l'exclusion de ceux qui migrent des colonies - qui, pour une durée ou une raison quelconque, y compris des études, se trouvent dans un pays étranger.
Leurs descendants directs du premier degré de la ligne directe même s'ils ont acquis les droits de citoyenneté. 

CHAPITRE V

LES SOINS SPIRITUELS FOURNIS AUX MIGRANTS PAR LES ÉVÊQUES ITALIENS

Étant donné que la migration est plus courante chez les Italiens que dans les autres peuples, le Saint-Siège a été particulièrement actif dans la prise en charge des migrants italiens. Par cette lettre apostolique, nous confirmons ces règles spéciales établies par nos prédécesseurs à l'égard des Italiens émigrant vers des pays étrangers, et recommandons chaleureusement ces normes au zèle, bien connu de nous, des Ordinaires italiens. Nous saisissons cette occasion pour exhorter ces Ordinaires locaux à réaliser nos souhaits.
Qu'ils gardent à l'esprit, en règle générale en entreprenant et en accomplissant ce travail, ces paroles avec lesquelles saint Pie X a fait l'éloge des comités et des agences: «Il y a en Italie, au service des migrants, de nombreux comités, comme on les appelle, et les agences, ainsi que d'autres institutions du genre, établies par les évêques, par les membres du clergé et par les laïcs eux-mêmes, des hommes remarquablement généreux avec leurs biens et très attachés à la sagesse chrétienne.
Qu'ils voient qu'à leur initiative et sous leur direction, et avec la coopération des membres de l'Action catholique et d'autres groupes catholiques voués à l'aide religieuse, morale et sociale des travailleurs, il existe des commissions et sous-commissions pour les migrants, en particulier dans les diocèses d'où partent davantage de migrants.
De même, qu'ils veillent avec diligence à ce que les comités ainsi créés s'acquittent correctement des tâches qui leur sont assignées et s'efforcent d'atteindre leur objectif, le salut des âmes.
a) Les Ordinaires locaux ne doivent pas négliger de recommander que les pasteurs, engagés dans cette phase de leur ministère, avec leur diligence habituelle, mettent en garde leur peuple contre les dangers spirituels qui les confrontent d'ordinaire dès qu'ils quittent leur foyer, leur les familles et leur pays.
b) Par conséquent, les pasteurs doivent donner des instructions catéchétiques appropriées à ceux de leurs paroissiens qui se préparent à migrer.
Les Ordinaires ne doivent pas hésiter à exhorter les pasteurs à rester en contact avec leur peuple même après leur migration.
Les préceptes suivants de la Congrégation Consistoriale doivent être scrupuleusement observés: «Les Ordinaires d'Italie, en particulier par le biais des pasteurs et des agences consacrées à l'assistance aux migrants, doivent garantir que les migrants et les voyageurs au départ reçoivent des cartes d'identité ecclésiastiques.
Ils doivent faire de leur mieux, en utilisant les méthodes qui semblent les plus utiles, pour assurer le succès à la fois de la Journée des migrants italiens, qui se tiendra chaque année, et de la collecte pour l'assistance spirituelle des migrants. Cette collection doit être transmise à la Congrégation Consistoriale.
a) Nous félicitons les Ordinaires des diocèses en dehors de l'Italie, que ce soit en Europe ou à l'étranger, qui essaient, par le biais d'agences et de commissions nationales ou diocésaines, de fournir à chaque étranger une aide spirituelle et morale, en les recevant, bien qu'ils soient étrangers, en tant que membres de leur propre troupeau. Nous demandons que dans les paroisses où tous ou la plupart des membres sont d'origine italienne, soit célébrée une journée annuelle pour les migrants italiens, comme le prévoit le n ° 48 pour les Ordinaires d'Italie, et de voir que la collecte prise soit envoyée au Congrégation Consistorial à l'appui du travail pour les migrants italiens.
b) De même, cela devrait également être fait avec les modifications nécessaires, pour les migrants d'autres nationalités et langues, afin qu'une Journée pour les migrants puisse être célébrée dans le monde catholique tout entier en même temps, le premier dimanche de l'Avent.
Les Ordinaires d'Italie voudront peut-être, enfin, exhorter leurs pasteurs à offrir une messe par an à l'intention du Saint-Père, plutôt que pro populo. Ils peuvent les inviter à adopter fidèlement et volontairement un tel changement puisqu'il se fait au profit des migrants italiens. 

CHAPITRE VI

LE COLLÈGE PONTIFICAL DES PRÊTRES
AU SERVICE DES MIGRANTS ITALIENS

Nous reconnaissons et approuvons le Collège pontifical des prêtres, créé pour fournir des missionnaires aux Italiens qui migrent à l'étranger.
a) Nous souhaitons que ce Collège reste dépendant de la Congrégation Consistoriale, sans toutefois interférer avec la juridiction du Cardinal Vicaire de Rome.
b) Il appartient à la Congrégation Consistoriale elle-même:
Diriger et surveiller le Collège, tant en ce qui concerne le maintien de la discipline et de ses finances que l'administration de ses ressources matérielles.
Pour en faire des règles.
Nommer le recteur et d'autres fonctionnaires.
La fonction spéciale de ce Collège est de préparer les jeunes prêtres italiens du clergé séculier afin qu'ils puissent fournir des migrants italiens à l'étranger. Cette fonction étant la même que celle de la Pieuse Société des Missionnaires de Saint-Charles, nous permettons au Recteur et aux autres responsables et professeurs gouvernants d'être choisis parmi les prêtres de la même Pieuse Société, à laquelle nous confions librement ce Collège. Les exigences du numéro précédent doivent encore être respectées.
Nous ordonnons également qu’à l’avenir, aucun prêtre ne se voit confier les soins spirituels des migrants tant qu’il n’a pas été correctement préparé pendant une période suffisante au Collège susmentionné, et qu’il est donc reconnu comme apte à de telles fonctions par ses qualités de l'esprit et le cœur, sa doctrine, sa connaissance des langues, sa bonne santé et d'autres exigences.
Surtout dans les diocèses d'où la majorité des migrants partent, que les évêques soient conscients qu'ils doivent faire ce qui est le plus utile à la cause de la religion et le plus agréable pour nous, à savoir qu'ils envoient volontairement au Collège Pontifical ces jeunes prêtres qui se distinguent par leur vertu et leur zèle pour les âmes et qui souhaitent se consacrer entièrement au bien-être des migrants.
Enfin, dans d'autres régions et pays en dehors de l'Italie vers lesquels la migration a lieu actuellement, il peut y avoir un manque d'assistance spirituelle adéquate pour les migrants catholiques qui s'y trouvent déjà. Dans ces régions, les Ordinaires peuvent, sans aucun doute, fournir cette assistance s'ils suivent scrupuleusement les méthodes utilisées pour les migrants italiens, telles qu'elles sont pleinement publiées dans les Actes des Pontifes romains et approuvées par nous, avec les modifications nécessaires pour le lieu et conditions. 

Par conséquent, après avoir sérieusement examiné l’importance de toute cette affaire, et ayant été poussé par les exemples de nos prédécesseurs, et ayant prêté une attention particulière aux vues de Adeodato G. Cardinal Piazza, évêque de Sabina et Poggio Mirteto et Secrétaire de la Congrégation Consistoriale, par la présente, nous établissons et prescrivons tout ce qui y est contenu.

Nous décrétons maintenant que ce que nous établissons ne fera l’objet d’aucune attaque pour quelque raison que ce soit, même s’il est adopté sans le consentement de ceux qui ont ou prétendent avoir le droit d’exprimer leur opinion sur cette question, ou même s’ils l’ont été n’ont pas été consultés ou leur avis n’a pas été accepté. En outre, nous déclarons que ce que nous avons déclaré par la présente possédera et conservera sa force, sa validité et son efficacité jusqu’à ce qu’il ait obtenu ses résultats complets. Enfin, nous déclarons publiquement que tous ceux qui devraient ou devraient en bénéficier devraient le faire en observant attentivement.

Nous rejetons comme nulle et non avenue toute mesure contraire, quelle que soit la personne qui se propose impudemment de le faire, que ce soit sciemment ou par ignorance, et quelle que soit son autorité.

Cette Constitution restera valide, nonobstant toute disposition contraire, y compris toute autre Constitution apostolique ou disposition des Pontifes romains, nos prédécesseurs, comme mentionné ci-dessus ou d’autres Actes, cependant dignes de mention spéciale ou appelant à une dérogation canonique.

Personne, par conséquent, ne modifiera ce texte qui exprime ce que nous établissons, ordonnons, rejetons, dirigeons, unissons, exhortons, interdisons, commandons et désirons par la présente, et personne ne s’y opposera de façon imprudente. Mais si quelqu’un présume de le faire, il devrait savoir qu’il encourra la colère du Dieu tout-puissant et de ses apôtres Pierre et Paul.

Donné à Castel Gandolfo, près de Rome, le 1er août, fête de Saint Pierre aux Chaînes, en 1952, 14 e année de notre Pontificat.

Pie PP XII


Extrait du Catéchisme des vérités opportunes qui s’opposent aux erreurs contemporaines, par Mgr de Castro Mayer

Objection : Dans la sélection des immigrants, peu importe leur croyance : il suffit de considérer les avantages économiques, ethniques et politiques.

Contre-objection : Dans la sélections des immigrants, on doit tenir compte, en premier lieu, de leur croyance, et non pas seulement des besoins d’ordre économique, ethnique et politique.

Explication :

L’unité d’un pays dans la vraie foi est le plus élevé des biens spirituels. Il est évident qu’une telle unité peut être brisée si les frontières sont ouvertes à des courants migratoires qui finissent par former des kystes religieux aussi dangereux dans le domaine spirituel que le sont les kystes sociaux dans le domaine politique. La maxime réfutée, qui se ressent du laïcisme des propositions antérieures, fait abstraction de ces considérations.

En outre, elle a été expressément condamnée par le pape Pie IX dans la proposition 78 du Syllabus, qui dit : « C’est donc de façon louable que, dans certaines régions portant le nom de catholiques, la loi a pourvu à ce qu’il soit permis aux immigrants de pouvoir exercer publiquement leurs cultes respectifs » (proposition condamnée, DS2978).

Car, en matière d’immigration, l’attention au facteur religieux doit venir en premier lieu. Bien que ce soit un droit naturel des nations surpeuplées de pouvoir envoyer des émigrants dans les pays capables de les recevoir, il est néanmoins nécessaire que, dans l’exercice de ce droit, la fidélité à l’Église, exigée par le droit supérieur qu’on les populations catholiques, soit reconnue. En d’autres termes, quand les circonstances obligent les pays catholiques à recevoir des immigrants de pays païens ou hérétiques, une série de mesures – complexes en elles-mêmes, d’ailleurs – s’impose, pour qu’une telle immigration ne s’opère pas au détriment spirituel des populations catholiques. Voyez, dans ce sens, toute la sollicitude que le Saint-Siège déploie pour assister spirituellement les immigrants, dans la constitution apostolique Exsul Familia du 1er août 1952.