Là où Il est … là où Elle est …

Nombreux sont sur terre ceux qui affirment être disciple de Jésus-Christ : mais pour beaucoup d’entre eux c’est illusoire, trompeur, narcotique. Car on n’est pas « de » Jésus-Christ par simple proclamation, vague désir ou intention évanescente : il faut en effet croire ce qu’il a révélé ou enseigné, il faut recevoir ou désirer la grâce de la Rédemption, il faut reconnaître la loi qu’il a établie comme nôtre, il faut appartenir à l’Église qu’il a fondée.

Autrement dit, il faut chercher Jésus-Christ là où Il est : dans la sainte Église catholique. Jésus-Chris est là et nulle part ailleurs, parce que l’Église Romaine est son Corps mystique, par laquelle et en laquelle il nous communique la grâce et la vérité salvatrices. Ailleurs, c’est le désert. Et s’il reste quelque bribe de vérité révélée ou quelque sacrement valide dans une « église » professant l’hérésie ou séparé par le schisme, ces biens appartiennent à l’Église catholique à laquelle Jésus-Christ les a confiés, et ils ne sont efficaces que dans la mesure où ils demeurent ce qu’ils sont dans l’Église catholique …

Si quelque larron a volé mon portefeuille et secourt un pauvre avec l’argent qu’il y trouve, ce larron n’est rien de plus qu’un vil voleur ; dans la réalité c’est moi qui ai fait l’aumône, pas lui. Les « églises » dissidentes ne sont, comme telles, que des obstacles au Salut éternel. Là où il est : appliquons à notre cas ce principe de bon sens.

En notre temps de trahison et de confusion, beaucoup de catholiques ont le désir (légitime et nécessaire) d’être intégralement fidèles à la doctrine de l’Église. Et pourtant il y a parmi eux des désaccords considérables, et trop souvent des théories franchement hétérodoxes.

Pourquoi donc cette triste réalité ? Est-on allé chercher la doctrine catholique là où elle est : dans la sainte Écriture lue par les Pères et le Magistère de l’Église, dans les décrets des conciles œcuméniques et les encycliques de Papes, dans saint Thomas d’Aquin et les auctores probati? Très souvent non ! On se contente de misérables « moi je pense que…» ou « untel m’a dit que » ou (qui pis est) « je l’ai lu sur internet » qui empêchent d’étudier et réfléchir avec la gravité que requièrent les enjeux. En tout cas, on ne vérifie rien, et on s’y complaît paresseusement.

Mais « avez-vous un texte ? » L’historien Numa Denis Fustel de Coulanges (1830-1889) avait coutume d’interroger ainsi ceux qui avançaient une opinion ou une objection. Voilà la question à poser à soi-même et à ceux qui, se piquant de théologie, affirment à la légère des choses qu’il aurait fallu confronter à l’enseignement de l’Église.

Tous désirent recevoir la grâce de Dieu sans laquelle on ne peut rien faire. Encore faut-il l’aller chercher là où elle est, dans la prière et les sacrements principalement : dans les grandes dévotions catholiques et la sainte Messe. Ceux qui entretiennent l’illusion de trouver la grâce ailleurs, à leur façon, s’égarent et s’égareront sans nul doute.

Voulez-vous observer la loi de l’Église, qui est le chemin du Ciel? Vous ne la pourrez connaître qu’en la recherchant là où elle est, dans le dernier état où l’a laissé l’autorité légitime ; et non en allant picorer çà ou là, au gré de votre ignorance ou de votre commodité.

Dieu notre Père a laissé tout le nécessaire (et plus encore) pour que nous vivions de Jésus-Christ plein de grâce et de vérité: mais allons chercher au bon endroit ; sans cela nous nous perdrons.

Abbé Belmont, Notre-Dame de la
Sainte-Espérance n°346, bulletin pour Décembre 2018.