Faurisson, mon copain ?

« Celui qui n’est pas avec moi est contre moi, et celui qui n’assemble pas avec moi disperse. » (Parole de NSJC, Mt 12:29)

Nous publions ci-dessous la réflexion d’un ami, Valentin W., postée sur Facebook, à propos du décès du Robert Faurisson ce 21 Octobre. Nous ne pouvons qu’y souscrire à 100%. Ce qui nous pousse à la diffuser, surtout, est que nous avons récemment vu la structure « Jeunesse » de la plus célèbre et médiatisée association activiste « catholique traditionaliste » de France (que nous ne citerons pas) publier un appel à une chaîne de Chapelet pour Robert Faurisson, cela entre un billet rendant hommage aux 150 ans de la naissance de l’égarant agnostique Charles Maurras et un autre sur un discours ayant eu lieu durant les journées de la revue identitaire Synthèse nationale, margouillis des groupuscules nationalistes identitaires/néopaïens (ça doit changer l’association concernée des rassemblements avec les laïcistes de Riposte laïque, soit dit en passant).

Robert Faurisson se déclarait athée. Nous n’allons pas le juger et, bien sûr, nous pouvons prier pour tout le monde, y compris les non-chrétiens en dehors de l’Église ; mais pourquoi un appel pour ce personnage précis et pas d’autres personnes ? Poser la question, c’est bien sûr y répondre … Malheureusement, beaucoup de Catholiques « très à droite » ont relayé l’appel, un buzz malsain qui en dit long sur l’un des aspects bien sale de la situation actuelle du « traditionalisme » français à tous points de vue.

Faurisson aux cotés de l’humoriste vulgaire et blasphémateur Dieudonné, proches de l’égarante association E&R.

Il serait temps d’en finir avec ces âneries, cesser de nous mélanger, nous égarer et manger à tous les rateliers … Les Catholiques n’ont pas d’alliés, et cela est d’autant plus vrai avec les athées. Nous n’avons pas à nous unir et faire des « synthèses » avec des mécréants contre les judaïques, ou avec les judaïques contre les mécréants, ou avec des bouddhistes contre les mahométans, ou avec des hindous contre les protestants, ou encore avec des communistes contre les nazis. En d’autres termes, les athées et néopaïens ne valent pas mieux que les judaïques et les mahométans ou toute autre fausse religion/idéologie. Ceux qui ne sont pas avec Jésus-Christ sont contre Lui. Le combat de Dieu se mène sur tous les fronts. Il n’y a pas d’alliance possible (sauf certains cas de collaborations temporaires et précises, sous certaines conditions, contre des forces intrinsèquement perverses dans le cadre de conflits armés par exemple, et surtout sans pour autant valider ou adhérer à l’erreur). Et pour rappel, on peut croire sincèrement et rationnellement à certaines idées (sans être pour autant vicié par un intérêt politique), mais jusqu’aux dernières nouvelles l’existence ou l’inexistence des chambres à gaz ne sont pas des dogmes religieux ; de surcroit, les juifs et les nazis n’ont qu’à régler leurs problèmes entre eux.

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Assez triste de voir cette unanimité de la « droite catholique » en faveur de Faurisson, et je parle pas ici directement de la question révisionniste, qui est une question plus complexe que ce que la plupart des tenants des deux camps croient. J’en excuse beaucoup par l’ignorance, j’en excuse bien moins qui le soutiennent simplement par haine du talmudiste ou par provocation.
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Il faut savoir, ce fait est relativement connu, toutefois je me permets de le préciser, que Robert Faurisson était athée, et athée plutôt militant tout de même, puisqu’adhérant à l’Union des athées plusieurs années avant de s’en faire exclure. Espérons qu’il fut touché par la grâce préalablement à son jugement post mortem, mais aucun signe ne permet présentement de l’attester. Comme la plupart des athées, il semble bien avoir eu une relation difficile avec son père, qui devait déménager régulièrement pour poursuivre sa carrière professionnelle, et qui fut jugé comme étant une personne très autoritaire par son propre fils.
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On peut aussi dire que, politiquement, Faurisson n’était pas un homme « de droite », même non catholique : il se définissait lui-même comme étant quelqu’un « du centre », lors de son entretien avec le libertarien Paul-Éric Blanrue. On peut néanmoins affirmer qu’il était antijuif. Cela n’a rien d’extraordinaire : Proudhon, Bakounine, Mencken, Voltaire, Luther et bien d’autres l’étaient tout autant, voire plus que lui. Il n’y a pas une espèce de « solidarité antijuive » par-delà les idéologies, les religions et les doctrines, qui ferait du juif un némésis, et de tous ses opposants des frères de lutte. C’est une fausse grille de lecture, qui se focalise trop sur une seule problématique, et occulte les autres, cela donne E&R, cela donne un fourre-tout incroyable.
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La plupart des gens seraient d’accord pour dire de Robert Faurisson que ce fut un rebelle face à l’ordre établi qu’il subissait. Lorsqu’on a une personnalité forte, capable de supporter ce genre de pression, et il l’avait assurément, on peut être porté aussi à l’orgueil, à refuser de dépendre de quiconque, surtout lorsqu’on n’est pas chrétien, et qu’on n’a donc pas le vrai sens de l’humilité. Ce fut, là encore, probablement son cas.
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Cette accusation étant grave, je m’en vais l’étayer par un exemple. Faurisson était un diplômé universitaire, en littérature. Lorsqu’il pénétra sur le sujet de la controverse des chambres à gaz homicides allemandes, il n’était pas armé techniquement pour l’aborder dans tous ses points. Il crut, certainement de bonne foi au début, que le zyklon B était explosible. Or, il ne l’est pas. Ce fait est connu, les révisionnistes actuels n’utilisent plus cet argument. Sauf lui. Malgré les remarques de ses confrères, il refusera d’admettre la moindre erreur sur ce terrain-là. Un en particulier se distinguera dans cette opposition révisionniste à l’égard du « chef des révisionnistes », Friedrich Paul Berg, qui, lui, est un ingénieur réputé pour sa compétence en matière de pollution de l’air. Vous pourrez lire une partie de son témoignage ici : https://rodoh.info/forum/viewtopic.php?f=13&t=2623
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Alors certes, ce n’est pas à un nouveau procès Faurisson que j’appelle, Dieu l’a jugé en souveraine équité, mais à garder la tête froide, même ici. Trop de catholiques se laissent entraîner par leurs passions lorsqu’on aborde ce genre de thèmes, et, dans les questions qui relèvent de l’intelligence seule, la passion n’a pas sa place.

Valentin W.