François 0 et la peine de mort : d’autres rappels historiques …

Sur la peine capitale que veut condamner en vérité de Catéchisme Francois 0, voici un excellent texte de nos amis de la page fb « Christus Imperat » 👍 Nous pourrions également citer le bon larron qui a reconnu qu’il méritait sa condamnation par crucifixion, contrairement à NSJC, avant d’entrer au Paradis :

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On reprend les classiques alors…

Le pape Innocent III a exigé des adeptes vaudois l’acceptation de la proposition suivante : « Le pouvoir séculier peut, sans péché mortel, exercer son jugement de sang, pourvu qu’il punisse avec justice, non avec haine, avec prudence et non avec précipitation. »

Les premiers chrétiens n’avaient manifestement rien contre la peine de mort. Ils approuvent la punition divine infligée à Ananias et à Saphira, lorsqu’ils sont condamnés par Saint Pierre pour leur action frauduleuse (Actes V, 1-11). La lettre aux Hébreux fait valoir que «celui qui a violé la loi de Moïse meurt sans miséricorde, sur la dépositions de deux ou trois témoins» (X, 28). Saint Paul se réfère à plusieurs reprises au lien entre le péché et la mort. Il écrit aux Romains, avec une référence évidente à la peine de mort, qu’en ce qui concerne le magistrat qui détient l’autorité « ce n’est pas en vain qu’il porte l’épée. En effet, il est le ministre de Dieu pour le venger, en montrant sa colère à celui qui fait le mal» (Romains XIII, 4 ). Aucun passage dans le Nouveau Testament ne désapprouve la peine de mort.

En ce qui concerne la tradition apostolique, nous pouvons noter que les Pères et les Docteurs de l’Église sont presque tous unanimes dans leur soutien à la peine de mort, même si certains d’entre eux exhortent les membres du clergé à ne pas prononcer de peine capitale. Pour répondre à l’objection que le premier commandement interdit de tuer, saint Augustin écrit dans La Cité de Dieu :

« Mais cette même autorité divine a établi certaines exceptions à la défense de tuer l’homme. Quelquefois Dieu ordonne le meurtre soit par une loi générale, soit par un commandement temporaire et particulier. Or, celui-là n’est pas moralement homicide, qui doit son ministère à l’autorité ; il n’est qu’un instrument comme le glaive dont il frappe. Aussi n’ont-ils pas enfreint le précepte, ceux qui, par l’ordre de Dieu, ont fait la guerre ; ou, dans l’exercice de la puissance publique, ont, suivant ses lois, c’est-à-dire suivant la volonté de la plus juste raison, puni de mort les criminels : aussi n’accuse-t-on pas Abraham de cruauté, mais on loue sa piété, quand, meurtrier par obéissance, il veut frapper son fils. »

Au Moyen Âge, un certain nombre de canonistes enseignent que les tribunaux ecclésiastiques devraient s’abstenir de la peine de mort et que les tribunaux civils ne devraient l’imposer que pour les crimes majeurs. Mais les principaux canonistes et théologiens affirment le droit des tribunaux civils à prononcer la peine de mort pour des infractions très graves telles que le meurtre et la trahison. Saint Thomas d’Aquin et Duns Scot invoquent l’autorité de l’Écriture et de la Tradition patristique et donnent des arguments de raison.

Au Moyen Âge et au début des temps modernes, le Saint-Siège autorisa l’Inquisition à livrer les hérétiques au bras séculier pour exécution. Dans les États pontificaux, la peine de mort a été imposée pour diverses infractions. Le Catéchisme romain, publié en 1566, trois ans après la fin du Concile de Trente, enseignait que le pouvoir de la vie et de la mort avait été confié par Dieu aux autorités civiles et que l’usage de ce pouvoir loin d’impliquer le crime de meurtre, est un acte d’obéissance suprême au cinquième commandement.

Des docteurs de l’Église tels que Saint Robert Bellarmin et Saint Alphonse de Liguori ont jugé que certains criminels devaient être punis de mort. Des autorités respectées telles que Francisco de Vitoria, Saint Thomas More et Francisco Suárez étaient d’accord. John Henry Newman, dans une lettre à un ami, soutint que le magistrat avait le droit de porter l’épée et que l’Église devait sanctionner son usage, en ce sens que Moïse, Josué et Samuel l’utilisaient contre des crimes abominables.

Tout au long de la première moitié du XXe siècle, le consensus des théologiens catholiques en faveur de la peine de mort dans les cas extrêmes est resté solide, comme en témoignent les manuels approuvés et les articles d’encyclopédie de l’époque. L’État de la Cité du Vatican de 1929 à 1969 avait un code pénal qui incluait la peine de mort pour quiconque tenterait d’assassiner le pape. Pie XII, dans une allocution importante à l’attention des experts médicaux (14 septembre 1952), déclara qu’il était réservé au pouvoir public de priver les condamnés du bénéfice de la vie en expiation de leurs crimes.

Il faudra attendre la vague de personnalisme, de pacifisme, d’anarchisme et de libertarianisme « chrétiens » du XXème siècle pour voir des « catholiques » remettre cela en question.